« ZFE » à Bordeaux : pourquoi vous serez peut-être obligé de changer de voiture en 2025

1 Une obligation légale

La ZFE n’est pas le fruit d’un caprice d’élu local écologiste : elle est imposée par la loi Climat et résilience dans toutes…

1 Une obligation légale

La ZFE n’est pas le fruit d’un caprice d’élu local écologiste : elle est imposée par la loi Climat et résilience dans toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants (la métropole bordelaise en compte 815 000). C’est donc une obligation légale visant à lutter contre la pollution atmosphérique, responsable de 40 000 morts par an en France. Or, les véhicules à essence sont responsables à 75 % de cette pollution, via l’émission de dioxyde d’azote (NO2) et de particules fines. À ce jour, huit métropoles ont instauré une ZFE, six autres sont en train de le faire. Concernant Bordeaux, la ZFE devra être en place au plus tard le 1er janvier 2025. Le processus engagé ce jeudi vise à définir les modalités pratiques, car elles ne sont pas fixées par la loi mais placées sous la responsabilité directe de la collectivité.

2 Les vieux diesels dans le viseur

À ce stade, la Métropole n’a pas encore fixé les critères de restriction des véhicules. En clair, on ne sait pas encore qui sera touché par la ZFE. Mais la vignette Crit’air 3 semble être le futur pivot du dispositif. Si c’est le cas, les véhicules essence d’avant 2006 et les diesels d’avant 2010 pourraient se voir progressivement interdire de rouler à l’intérieur de la ZFE, totalement ou partiellement. Dans l’agglomération de Bordeaux, cela représente environ 168 000 véhicules particuliers, utilitaires et poids lourds. Par opposition aux 328 400 véhicules classés de Crit’air 2 à Vert qui pourront circuler librement. On voit qu’avant même l’entrée en vigueur de la ZFE, les véhicules dits propres sont déjà deux fois plus nombreux. Alain Anziani, président de la Métropole, et Claudine Bichet, vice-présidente chargée du climat, estiment le mouvement de conversion aux véhicules propres est déjà bien engagé dans l’agglomération. La ZFE concernera ceux qui n’ont pas encore franchi le pas.


3 Qui, où et quand ?

La ZFE entrera en vigueur au plus tôt dès la fin 2023, au plus tard le 1er janvier 2025. Le calendrier n’est pas encore arrêté. La Métropole a adopté un principe de progressivité : seront exclus en premier, par exemple, les Crit’air 5, puis les 4 l’année suivante, et enfin les 3. Ces modalités seront définies courant 2022, à l’occasion d’une concertation du public. La seule mesure dont on est certain, c’est le périmètre : la ZFE comprendra tout l’intra-rocade, soit 14 communes et les deux tiers des habitants de la métropole. Placée sous la responsabilité de l’État, la rocade elle-même est exclue du dispositif. La Métropole prévoit des dérogations, sans dire encore lesquelles. Dans d’autres agglomérations, les véhicules de collection, par exemple, ont le droit de circuler en dépit de leur âge. Enfin, la ZFE peut être modulée dans tous les sens, selon le choix de la collectivité. De très sévère (exclusion des véhicules 365 jours par an, 24 heures sur 24) à quasiment indolore (exclusion certains jours seulement, à certaines heures de la journée).

4 Un accompagnement est prévu

La Métropole doit mettre en place des mesures d’accompagnement pour ceux qui ne pourront plus utiliser leur véhicule à moteur thermique. À ce stade, elles ne sont pas arrêtées. Cela peut prendre la forme d’une prime pour l’achat d’une voiture propre ou d’un vélo électrique, ou alors d’incitations à utiliser les transports en commun. Ces mesures sont le nerf de la guerre, estime Alain Anziani, selon qui la ZFE peut potentiellement rallumer la flamme des gilets jaunes. Elles concerneront les habitants des 14 communes sous ZFE, mais quid des autres, ces 25 % de Girondins qui entrent dans l’agglomération chaque jour sans y résider ? Selon le président de la Métropole, les collectivités voisines hors ZFE doivent participer au dispositif pour les aider.