Vidéo. Charente : il crée une entreprise inclusive qui recycle en bois d’œuvre les chutes de la tonnellerie

« On peut se permettre de la poésie, mais pas de défauts. » Théodore van Gaver, 35 ans, caresse des carrelets en chêne. Depuis janvier, le créateur de Cassano Le Chêne gaulois, entreprise installée en périphérie de Sigogne, fabrique du bois d’œuvre à partir de chutes de chêne issues de la tonnellerie, plus précisément des chutes de grands contenants…

« On peut se permettre de la poésie, mais pas de défauts. » Théodore van Gaver, 35 ans, caresse des carrelets en chêne. Depuis janvier, le créateur de Cassano Le Chêne gaulois, entreprise installée en périphérie de Sigogne, fabrique du bois d’œuvre à partir de chutes de chêne issues de la tonnellerie, plus précisément des chutes de grands contenants, achetées plus cher, mais mieux valorisables.

Seul dans le bassin cognaçais à s’être lancé dans cette activité, à l’exception de la tonnellerie Vicard, Théodore van Gaver concilie une double vocation, la passion du bois et une « histoire d’amour viscérale avec le handicap ». C’est son ancien travail d’éducateur social, responsable de l’atelier bois à l’Esat (Etablissement ou service de l’aide par le travail) de l’Arche qui l’a inspiré. La fibre entrepreneuriale, dans les gênes familiales, a fait le reste. « J’ai travaillé dix ans à Cognac où j’ai développé une activité bois de chauffage avec M. Bricolage (à qui il vend aujourd’hui des tasseaux) ; j’avais aussi été approché par la tonnellerie Seguin Moreau pour recycler les chutes de grands contenants », explique l’entrepreneur.

Un projet à 450 000 euros soutenu par une dizaine d’associés-partenaires financiers et par des banques.

Un projet à 450 000 euros soutenu par une dizaine d’associés-partenaires financiers et par des banques.

H. R.

Le handicap, c’est pas génial, mais les personnes handicapées sont géniales »

Là-bas, il prend la mesure du potentiel de récupération de ces bois de chêne, et pas seulement pour en faire des pâtes à papier, bois de chauffage ou bois œnologiques. Lui pense au mobilier. En parallèle, il éprouve la galère de l’inclusion des travailleurs handicapés mentaux. « Le handicap, c’est pas génial, mais les personnes handicapées sont géniales. Je travaille avec elle depuis quinze ans. Ça ne me fait pas peur, c’est facile. Je sais tout leur potentiel même si 1 % n’arrivera jamais à lire », explique le fondateur de Cassano qui veut absolument mêler collaborateurs avec et sans handicap.

Cassano fournit notamment des tasseaux de chêne à M. Bricolage à Cognac.

Cassano fournit notamment des tasseaux de chêne à M. Bricolage à Cognac.

H. R.

Plans de travail de cuisine, produits phares

Il a commencé par embaucher deux personnes handicapées à mi-temps via L’Arche, un des ses partenaires financiers. « Pour l’instant, ce sont des prestations de service. Ces personnes ont besoin d’un accompagnement personnalisé à l’Esat, qu’elles perdraient si je les recrutais à mi-temps. J’espère que la loi va changer, les signaux sont bons », veut croire Théodore van Gaver.

Comme il a cru qu’il pouvait monter sa propre entreprise, en dépit d’un modeste apport financier. Un business plan bien ficelé et un marché identifié lui ont permis de convaincre une dizaine d’associés et des banques pour financer le projet à hauteur 450 000 euros. « Un salaire d’éducateur social, ça ne pèse pas lourd et mes économies n’auraient pas suffi. C’est Amaury Legrand (NDLR : patron de plusieurs hôtels à Cognac) qui m’a convaincu que l’important, ce n’est pas l’argent, mais d’abord le projet », ajoute le jeune chef d’entreprise.

Fiona, ébéniste, première personne embauchée par l’entreprise de Sigogne.

Fiona, ébéniste, première personne embauchée par l’entreprise de Sigogne.

Hélène Rietsch