Vidéo. Charente : dans les coulisses d’un supermarché à fond dans le tri des déchets

« On donne plus des trois quarts de nos invendus alimentaires. Le tri des déchets, c’est capital, pour nous et pour ceux qui meurent de faim. On a tout à gagner à trier d’autant que les déchets, c’est quelque chose qui coûte, pas seulement pour la planète », sourit Robert Eloy. Le directeur du Super U de Saint-Yrieix-sur-Charente, aux portes d’Angoulême, a choisi d’en venir à bout. Un travail de longue haleine, accéléré depuis septembre avec l’expertise de Phenix, une start-up parisienne, qui veut devenir championne de la lutte anti-gaspi en Europe.

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« On donne plus des trois quarts de nos invendus alimentaires. Le tri des déchets, c’est capital, pour nous et pour ceux qui meurent de faim. On a tout à gagner à trier d’autant que les déchets, c’est quelque chose qui coûte, pas seulement pour la planète », sourit Robert Eloy. Le directeur du Super U de Saint-Yrieix-sur-Charente, aux portes d’Angoulême, a choisi d’en venir à bout. Un travail de longue haleine, accéléré depuis septembre avec l’expertise de Phenix, une start-up parisienne, qui veut devenir championne de la lutte anti-gaspi en Europe.

Son premier secteur d’intervention : les grandes surfaces. « Le Super U de Saint-Yrieix devrait devenir un modèle du genre », en atteignant le Graal du zéro déchet « très rapidement », assurent les équipes Phenix. En quelques mois, l’enseigne de 2 000 m2, qui emploie une soixantaine de salariés, a divisé par deux ses déchets et ses coûts. « On a évité plus de 21 tonnes de déchets », se réjouit le directeur, sans crier victoire. « C’est un combat. On a déjà gagné beaucoup, surtout dans les équipes et les mentalités. Un supermarché comme le nôtre, c’est 100 000 références à prédominance alimentaire. Il y avait la crainte de passer encore plus de temps à contrôler les dates de péremption, ce qui faisait déjà partie du boulot », reconnaît le responsable.

Objectif zéro déchet

Concrètement, les invendus alimentaires aux dates courtes gagnent une deuxième vie. Ça se voit dans la partie de l’enseigne ouverte au grand public. Depuis deux mois, l’enseigne a installé une zone anti-gaspi où le consommateur trouve des produits à prix réduits, et propose via son drive et l’appli Phenix des offres comparables. Depuis près de deux ans, les clients peuvent aussi venir avec leur propre contenant (vrac, boucherie, traiteur, poisson). « On facture le produit brut. Peu de clients le font encore, ce n’est pas encore ancré dans la tête des gens, mais la possibilité est là. Et le vrac bio marche mieux », constate le responsable.

En parallèle, le supermarché continue de donner aux associations caritatives, mais plus régulièrement qu’avant. Tous les jours, un camion récupère une dizaine de paniers de légumes, de fruits et de produits divers. Tantôt pour la Banque alimentaire, tantôt pour Adra Angoulême. Exceptés le poisson, la boucherie et certaines pâtisseries à base de crème, interdits de dons mais revendables, tout est donné, entre 100 et 200 euros de marchandises chaque jour (prix d’achat hors taxe). « On a quatre camions frigorifiques pour deux tournées par matinée de trois-quatre magasins. Après le tri à L’Isle-d’Espagnac, ça repart direct aux associations », explique le chauffeur et son copilote, venus récupérer quelques caisses dans le camion de la Banque alimentaire (1).

Un outil numérique et une appli

En coulisse, le don fonctionne grâce à un parcours digitalisé : contrôle des dates et des typologies de produits, traçabilité et gestion des rappels produits (2), tout est numérisé. C’est la patte de Phenix qui a mis au point l’outil technologique et mis en place un système de stickage des produits en dates courtes (qui ne peuvent être donnés aux associations pour des raisons légales ou logistiques), ceux qui sont proposés avec un rabais de 10 à 40 % sur le prix initial. « On n’impose pas les solutions au client. On est là pour construire ensemble », explique Cindy Roux, chargée du lancement et du suivi Phenix. Elle forme les équipes à l’anti-gaspi et les accompagne en magasin. « Quand les associations nous disent qu’elles ont pu nourrir 100 familles grâce à ces dons, évidemment ça fait plaisir », ajoute la jeune femme.

Dans l’entrepôt de stockage et dans la cour, le recyclage est permanent. La marchandise à peine arrivée est triée. Cartons, cintres, aluminium, polystyrènes, tous connaîtront une nouvelle vie. Une machine compacte les cartons pour faciliter leur recyclage. Même la glace, du rayon poissonnerie, finit dans un bac de récupération des eaux. Le textile, lui, est repris par une entreprise spécialisée. « On est passé de 12 poubelles semaine à 4-5 “, apprécie Robert Eloy.

Bennes à recyclage à la disposition de la clientèle

Bennes à recyclage à la disposition de la clientèle

H. R.

C’est aussi en amont, que le supermarché mène son défi zéro déchet, dès la commande des marchandises. « On commande plus juste qu’avant », explique le directeur de l’enseigne. Les bennes à recyclage de déchets ménagers (piles, ampoules, cartouches d’encre, etc.), à disposition de la clientèle, donnent le ton, dès l’entrée du magasin. Un défi écologique qui impose une adhésion collective.

(1) En 2021, la Banque alimentaire a distribué 1 065 tonnes d’invendus récoltés dans toute la Charente.

(2) Evaluation au poids pour les associations, en euros pour les supermarchés.

  • La collecte quotidienne de la Banque alimentaire

    La collecte quotidienne de la Banque alimentaire

    H. R.

  • Dans le camion de l’association caritative

    Dans le camion de l’association caritative

    H.R

  • En coulisses, dans l’ère de stockage, les cartons sont systématiquement triés

    En coulisses, dans l’ère de stockage, les cartons sont systématiquement triés

    Hélène Rietsch

  • Puis compactés dans une machine spéciale

    Puis compactés dans une machine spéciale

    H. R.

  • La glace des rayons poissonneries est placée dans un récupérateur d’eau

    La glace des rayons poissonneries est placée dans un récupérateur d’eau

    H. R.

  • L’aluminium est également trié avant de partir au recyclage

    L’aluminium est également trié avant de partir au recyclage

    H. R