Vidéo. Agglomération de La Rochelle : des trésors du XVIIIe siècle aux enchères

Difficile de ne pas être un peu impressionné par ce qui a tout l’air d’un château, à Salles-sur-Mer, et qui apparaît au bout d’une incroyable voûte de verdure formée par une allée de platanes. Le domaine qui date du XVIe siècle vient d’être cédé et ce samedi, ses propriétaires vendront aux enchères une grande partie de leur collection personnelle. Du sol au plafond, la demeure est habillée d’œuvres amassées depuis quelques décennies par une famille de collectionneurs avisés, particulièrement amoureux du XVIIIe siècle.

L’expert saintais Philippe Ravon devant un Watteau, estimé entre 80 000 et 100 000 euros.

L’expert…

Difficile de ne pas être un peu impressionné par ce qui a tout l’air d’un château, à Salles-sur-Mer, et qui apparaît au bout d’une incroyable voûte de verdure formée par une allée de platanes. Le domaine qui date du XVIe siècle vient d’être cédé et ce samedi, ses propriétaires vendront aux enchères une grande partie de leur collection personnelle. Du sol au plafond, la demeure est habillée d’œuvres amassées depuis quelques décennies par une famille de collectionneurs avisés, particulièrement amoureux du XVIIIe siècle.

L’expert saintais Philippe Ravon devant un Watteau, estimé entre 80 000 et 100 000 euros.

L’expert saintais Philippe Ravon devant un Watteau, estimé entre 80 000 et 100 000 euros.

Xavier Léoty / « Sud Ouest »

« C’est mon mari qui a eu un gros coup de cœur pour ce manoir il y a trente ans, qui était en très mauvais état, mais avec ce charme fou d’une vraie maison ancienne. On a eu à cœur de le restaurer, de refaire tous les plafonds, l’électricité, la plomberie….Tous les deux, nous avions des parents et des grands-parents qui ont beaucoup collectionné. Il n’y a ici que des meubles de famille. Mais aujourd’hui, pour des raisons personnelles, nous avons pris la décision de vendre. Je crois beaucoup à la transmission des objets que l’on a aimés, choyés… Les personnes qui vont se donner la peine de se déplacer vont à leur tour en prendre soin », confie Catherine Labbé-George, qui s’apprête à quitter l’imposante demeure.

Watteau, Duffy…

Au total près de 165 pièces, meubles, tapisseries, tableaux, vont ainsi être éparpillées. Mais il ne s’agit pas là d’une banale vente aux enchères. Entre jeudi 2 et vendredi 3 juin, les visites se font sur réservation et il faut montrer patte blanche pour passer la grille. Car la maison abrite des œuvres de grande importance et d’intérêt international, comme ce dessin à la sanguine qui préfigure « L’Embarquement pour Cythère », du célèbre peintre français Jean-Antoine Watteau (1684-1721).

C’est une vente d’intérêt international susceptible d’intéresser le Louvre comme des acheteurs étrangers »

Le tableau, posé sur un chevalet dans un coin du salon, a été estimé entre 80 000 et 100 000 euros. « Il vient de faire l’objet de deux pages dans la ‘‘Gazette de Drouot’‘. C’est clairement un tableau qui pourrait être préempté par le musée du Louvre. C’est une vente d’un niveau international avec plusieurs lots susceptibles d’intéresser des étrangers comme ces peintures de dessus de porte de Casanova – le frère du célèbre aventurier séducteur de femmes – désormais très côté ou cette vitrine hollandaise du XVIIIe en verre soufflé d’origine. La grande qualité de cette collection familiale, c’est que l’on connaît l’origine de chaque pièce, ce qui lui donne encore plus de valeur et qui rassure la clientèle étrangère. C’est assez fantastique », se réjouit Philippe Ravon, l’un des experts qui est intervenu à la demande des commissaires-priseurs Geoffroy et Becquet.

Parmi les autres trésors, les collectionneurs apprécieront aussi cette toile du postimpressionniste Henri Le Sidaner (estimation : entre 80 000 et 100 000 euros), une nature morte de Raoul Dufy (entre 8 000 et 10 000 euros) ou encore ces deux pots à oranger, style Napoléon, d’une valeur de 6 000 euros. Les fans du peintre rochelais Gaston Balande ne passeront pas à côté de son « Château de Saint-Jean-d’Angle » (entre 600 et 800 euros).

Toute la collection personnelle des propriétaires est mise aux enchères ce samedi.

Toute la collection personnelle des propriétaires est mise aux enchères ce samedi.

Xavier Léoty / « Sud Ouest »

Une nature morte de Raoul Dufy est mise aux enchères ce samedi. Estimation : entre 8 000 et 10 000 euros.

Une nature morte de Raoul Dufy est mise aux enchères ce samedi. Estimation : entre 8 000 et 10 000 euros.

Xavier Léoty / « Sud Ouest »

Pratique

Visite uniquement sur réservation au 05 46 90 98 07, encore ce vendredi 3 juin de 9 heures à 18 h 30. Vente sur désignation et en live, samedi 4 juin à 14 h 30 sur interencheres.com ou sur drouot.com. La vente aura lieu à l’hôtel des ventes Geoffroy et Becquet, au 6 rue président Poincaré, à Royan, en public mais sans les œuvres. Une vente de « fonds de maison » aura lieu mercredi 8 juin à partir de 14 h 30 (visite de 10 à 12 heures).

De mystérieux professionnels

Une vente où les prix pourraient s’envoler donc comme le confirment ces deux mystérieux professionnels, cheveux blancs costume croisé bleu marine, venus spécialement de Paris. Ils ont déjeuné à la Grande Terrasse de Châtelaillon, sont arrivés un peu avant l’ouverture des portes et sont les premiers à découvrir la collection. « On vient pour le XVIIIe français. C’est une belle propriété et une vente importante. Oui en général, quand on se déplace, ce n’est pas pour rien », explique, du bout des lèvres, l’un des deux.