Urbanisme à Fouras : la Ville joue la carte de la densification

Revers de la médaille, une spéculation hallucinante qui voit des biens atteindre des prix « injustifiables » selon des témoins locaux. Pourtant la doctrine imposée par l’État est non négociable. Il faut remplir « les dents creuses ».

Infographie « SO »

200 logements sociaux

Plus de 350 logements, dont 200 à vocation sociale (1) sont annoncés à Fouras dans les prochaines années. Les travaux sont déjà engagés, ou en attente d’autorisation, ou juste identifiés. Car ce qui est inscrit au plan local d’urbanisme (PLU), qui vient d’être révisé après enquête publique, ne veut pas dire immédiateté.

Il faut d’abord que les propriétaires soient vendeurs de leurs parcelles et que des investisseurs se présentent. À y regarder de près, sur les dix grands projets immobiliers envisagés, très peu sont lancés. En revanche, côté particuliers, plus de 50 demandes de permis de construire ont été déposées et 14 sont déjà validées depuis début 2022.

Au Treuil, 21 logements dont 11 sociaux occuperont un jour cet espace vert de 0,52 hectare.

Au Treuil, 21 logements dont 11 sociaux occuperont un jour cet espace vert de 0,52 hectare.

JEAN-LUC RICHARD

Les opérations d’aménagements programmées énoncent, quant à elles, des obligations. Certains des espaces ciblés ne seront pas lotis avant 5, 10 voire 20 ans. Même si le lotissement des Valines est déjà livré et que les permis pour Bois-Martin et Fief Nanard sont à l’instruction pour un début de chantier proche, les autres terrains sont toujours vierges.

Alors d’où viennent les autorisations de construire rue des Épinettes (un R+2 contre les tennis) et à l’entrée de ville (ancien garage Renault) ? « C’est simple, ces deux permis ont été accordés sous le précédent PLU », précise Philippe Fagot. Mais la loi et les règlements (Natura 2000, submersion, loi Littoral) sont là et l’adjoint répète : « La commune a peu de leviers d’intervention. Ses limites définitives contraignent à construire sur une surface limitée. »

Promiscuité

C’est bien ce qui provoque des tensions, lorsque les constructions se retrouvent accolées à des habitations existantes. Les propriétaires se disent mis devant le fait accompli, cernés par une promiscuité qu’ils refusent.

Au Fief Nanard où le permis de construire est en instruction, plusieurs parcelles vont être réunies pour accueillir 41 logements dont 13 sociaux sur 1,36 hectare.

Au Fief Nanard où le permis de construire est en instruction, plusieurs parcelles vont être réunies pour accueillir 41 logements dont 13 sociaux sur 1,36 hectare.

JEAN-LUC RICHARD

C’est une politique de l’immédiateté qui en plus, favorise la spéculation déjà énorme

Comme eux, l’opposition municipale, qui a pourtant voté le PLU, est amère. « On n’a pas eu l’opportunité de penser en profondeur l’avenir de la ville. Dans 20 ans, quand le niveau des eaux aura monté, où pourra-t-on loger les déplacés ? Il n’y aura plus de terrain, faute de réserve foncière. C’est une politique de l’immédiateté qui en plus, favorise la spéculation déjà énorme. Sans compter la disparition des zones de verdure dont on a besoin en ville », explique Yann Berret. Il ne retient un seul point positif : l’obligation de construire des logements sociaux.

Dans tous les cas, Fouras entame une métamorphose.

(1) Ces minima pourront être supérieurs.