Un paquebot de croisière « moins polluant » en escale à La Rochelle

Conçu et construit au Portugal en 2019, le dernier des paquebots du croisiériste français Rivages du monde a effectué mercredi 11 mai sa première escale à La Rochelle, où cette activité alimente le débat politique. Or, « World Explorer » se veut un bateau moderne, équipé de « technologies de pointe plus respectueuses de l’environnement ».

« On a banni le plastique, il n’y a que des bouteilles en verre à bord. On ne publie plus de programme sur papier. Le bateau est équipé de moteurs hybrides, il a également la possibilité d’avoir un positionnement dynamique, qui évite de jeter l’ancre lorsqu’il est en rade, pour la préservation des fonds marins. C’est une demande de la clientèle et ça nous convient très bien parce qu’on sent que c’est un sujet qui monte en puissance. On est content d’avoir une longueur d’avance », se félicite le directeur général, Mykola Pronin.

Alain Souleille (à droite) et Mykola Pronin, le président et le directeur général de Rivages du monde.

Alain Souleille (à droite) et Mykola Pronin, le président et le directeur général de Rivages du monde.

FREDERIC ZABALZA/SUD OUEST

Compensation carbone

Les deux moteurs Rolls Royce hybrides permettront au nouveau paquebot de naviguer dans les fjords de Norvège et le long du Spitzberg en mode électrique, comme de longer le Groenland ou de remonter le Guadalquivir jusqu’à Séville, mais aussi de faire escale à La Rochelle et à Bordeaux, en réduisant au maximum l’impact carbone. Ce n’est pas du luxe pour le paquebot très haut de gamme. « De toute façon, on n’a pas le choix, la réglementation se durcit », remarque Alain Souleille, patron de Rivages du monde.

« L’industrie de la croisière est souvent montrée du doigt, pas forcément à bon escient car elle fait beaucoup d’efforts »

Des rejets en mer ou dans l’air au bruit des moteurs, les normes internationales se font de plus en plus strictes pour les grands paquebots. Les opérateurs n’auront pas d’autres choix que de s’adapter. « En plus du choix des bateaux, nous avons signé un partenariat avec Green Keeper, qui a pour but de compenser, à partir de 2023, l’empreinte carbone de nos passagers à hauteur de 110 %. Une rétribution bénéficie à un organisme qui installe des éoliennes en Inde pour lutter contre l’énergie produite à base de charbon. On a aussi développé un accord avec River Cleanup, qui a pour objet de dépolluer les rivières en Europe. Enfin, on limite le transport en avion pour accéder à nos croisières. »

Le « World Explorer » n’en reste pas moins un paquebot de luxe, proposant un confort haut de gamme.

Le « World Explorer » n’en reste pas moins un paquebot de luxe, proposant un confort haut de gamme.

FREDERIC ZABALZA/SUD OUEST

« L’industrie de la croisière est souvent montrée du doigt, assure Alain Souleille, pas forcément à bon escient car elle fait beaucoup d’efforts, des sommes colossales sont investies dans la recherche. »