Un éco-lieu ouvre ses portes en Gironde : « Pour ne pas tomber dans l’éco-anxiété, on a décidé d’agir »

Adeptes des théories collapsologistes qui professent une fin proche de la société industrielle liée notamment au réchauffement climatique et à l’effondrement de la biodiversité, les deux quadragénaires ont changé de vie pour tenter de réécrire l’avenir, à leur échelle. Ainsi prend forme depuis bientôt deux ans un lieu hybride et engagé où s’imbriqueront un verger, un élevage de poules, des activités de création, de l’accueil de public et de l’éco-tourisme. « La meilleure façon de militer est de rematérialiser nos vies », croit Carolina.

« Papa, quand est-ce qu’on va faire le quatrième poulailler ? », interrompt le plus jeune de leurs deux fils. « Après l’été », promet David. Trois poulaillers mobiles abritant 50 poules pondeuses chacun parsèment déjà les sept hectares de terrains découverts, farfouillant chaque semaine un nouveau carré de pâturage (la ferme compte aussi six hectares de forêt).

« Résilience »

En plein cœur de l’hiver, le couple a planté 2 000 arbres, dont une moitié de fruitiers qui devraient produire dès l’année prochaine et seront la principale ressource du lieu. Groseilliers, framboisiers, figuiers, amandiers, châtaigniers… David a choisi de nombreuses variétés, dont beaucoup sont peu courants à l’image du feijoa, aussi appelé goyavier du Brésil, dont 200 pieds parsèment la parcelle. « Autrement, il n’y en a pas plus de 30 par variété ». Les clients pourront venir en cueillir directement les fruits.

Inspiré du concept de forêt jardin, le néo arboriculteur a construit son verger en y adaptant les préceptes de variation. « Il n’y a pas deux arbres pareils, et pas deux strates pareilles à côté », afin qu’aucun végétal ne vienne empêcher le voisin de s’épanouir. Et afin de favoriser la biodiversité, des arbres sauvages viennent densifier la haie. « C’est très bon pour la biodiversité et pour la résilience ».

Quelques ovins et caprins assurent l’écopâturage du terrain.

Quelques ovins et caprins assurent l’écopâturage du terrain.

Vincent Trouche

Mais Lacampagne doit tenir sur une seconde jambe, celle de l’ouverture à l’extérieur. Par l’accueil de stagiaires, d’écoles, de professionnels. « Tout est en évolution perpétuelle au fil de nos rencontres ». Aussi par l’accueil de touristes via des chambres d’hôtes ou des habitats légers conçus par Carolina, architecte de formation. Elle prévoit également d’animer des ateliers libres de création sur place. Pour partager leurs connaissances et leur engagement, le couple ouvre les portes de l’éco-lieu du 9 au 14 mai.