Un demi-millier de manifestants à Pau : le gros coup de pression des agriculteurs des Pyrénées-Atlantiques

Les responsables syndicaux se sont succédé à la tribune improvisée devant la préfecture de Pau.

Les responsables syndicaux se sont succédé à la tribune improvisée devant la préfecture de Pau.

G. B.

Devant eux, environ 500 agriculteurs venus de tout le département des Pyrénées-Atlantiques pour dénoncer la situation d’étranglement dans laquelle les plonge la hausse des prix d’achat (aliments pour bétail, fuel…) couplée à des prix de vente à la distribution toujours trop bas.

Derrière eux, une délégation était reçue par le préfet lors d’une rencontre qui a dû être égayée par les bruits de pétards et sonnailles, à la fenêtre, les fumigènes.

Les agriculteurs avaient débuté leur mobilisation dans la matinée au Parc des expos.

Les agriculteurs avaient débuté leur mobilisation dans la matinée au Parc des expos.

G. B.

Franck Laborde, président de la FDSEA 64, est sorti plutôt optimiste de la rencontre et a évoqué les engagements du préfet pour faire remonter au ministère les doléances de la profession. L’adaptation du plan de résilience, dont les critères excluent aujourd’hui nombre de métiers, comme les éleveurs de ruminants ; l’avancée des aides de la PAC, dont 90 % pourraient être versées au 15 octobre et non en fin d’année ; surtout, une réunion de crise sur les prix d’achat, présidée par le représentant de l’État en personne, avec les principaux concernés (centrales d’achat).

Les filières lait sont particulièrement concernées, et les conflits se multiplient avec les géants de l’agroalimentaire (Lactalis, Fromagerie des Chaumes, Danone) et de la grande distribution.

« Nous ne sommes pas des mendiants. Nous avons besoin d’un coup de pouce, et que l’État nous soutienne. La résilience de nos 10 000 exploitations passe par là. » Il soulignait l’importance de la mobilisation du jour et promettait déjà : « Si l’on n’est pas entendus, il faudra revenir. » Le message était clair, comme lorsqu’il annonçait la suite du programme de la journée, jusqu’au retour : « il faudra bien vider les remorques » pleines de fumier, pneus et déchets.

Fumier et pneus déchargés

Les agriculteurs avaient débuté leur mobilisation dans la matinée au Parc des expos de Pau, qu’ils ont quitté pour un long convoi ouvert par plusieurs dizaines de tracteurs. Place de Verdun, quartier des halles puis place Clemenceau, devant la préfecture : les Palois ont pu humer l’air de la grogne agricole.

Les manifestants ont laissé derrière eux plusieurs ballots de paille enflammés.

En quittant les abords de la préfecture, les manifestants ont incendié plusieurs ballots de paille.

En quittant les abords de la préfecture, les manifestants ont incendié plusieurs ballots de paille.

Lecteur SO

Une pause casse-croûte plus tard, ils se déployaient vers 16 heures pour aller vider leurs bennes et leur colère devant deux grandes surfaces de l’agglo, Leclerc Université et Carrefour Lescar.