Ukraine : mort d’un journaliste français, combats à Severodonetsk, embargo pétrolier… Le point lundi

Ce dernier ne cesse de réclamer cet embargo, appelant les Occidentaux à priver la Russie des revenus qui lui permettent de financer son invasion de l’Ukraine, lancée le 24 février.

Ils devraient notamment rediscuter d’un projet d’embargo progressif sur le pétrole russe, jusqu’ici bloqué par la Hongrie. À son arrivée à Bruxelles, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a affirmé lundi qu’il n’y avait « pas de compromis » acceptable « pour l’instant » sur le sujet. Mais une nouvelle proposition de compromis devait être discutée, prévoyant un embargo d’ici la fin de l’année « avec une exemption temporaire pour le brut acheminé par oléoduc », conçue pour lever le veto hongrois.

Seul le pétrole russe acheminé vers l’UE par bateau – soit les deux tiers des achats européens de pétrole russe – serait concerné par cet embargo dans l’immédiat.

Jusqu’ici, la Hongrie, pays enclavé sans accès à la mer et qui dépend pour 65 % de sa consommation du pétrole russe acheminé par l’oléoduc Droujba, s’oppose à tout embargo à moins de bénéficier d’une exemption d’au moins quatre ans pour s’y préparer et de près de 800 millions d’euros de financements européens pour adapter ses raffineries.

Outre l’embargo pétrolier, le sixième paquet de sanctions, qui requiert l’unanimité des 27 pour entrer en vigueur, vise l’exclusion de la plus importante banque russe, Sberbank (37 % du marché russe), et de deux autres établissements bancaires du système financier international Swift, ainsi qu’un élargissement de la liste noire de l’UE à une soixantaine de personnalités.

Les dirigeants européens doivent aussi discuter de la nécessité d’assurer des liquidités à l’Ukraine pour continuer à faire fonctionner son économie – la Commission a proposé une aide allant jusqu’à 9 milliards d’euros en 2022 – et de sécurité alimentaire, en raison notamment du blocage des exportations de céréales ukrainiennes qui fait redouter une crise sur le continent africain.

Journaliste français tué

Severodonetsk et la cité voisine de Lisichansk sont des villes-clé du Donbass encore sous contrôle ukrainien. Les forces russes visent à contrôler intégralement ce bassin minier, dont des forces séparatistes prorusses appuyées par Moscou ont pris le contrôle partiel en 2014.

C’est dans cette zone qu’est mort lundi un journaliste français, Frédéric Leclerc-Imhoff, qui travaillait pour la chaîne BFMTV.

Les forces russes tentent d’encercler Severodonetsk et d’en prendre le contrôle depuis plusieurs semaines, dans une offensive qui s’est intensifiée ces derniers jours, face à laquelle le président Zelensky a reconnu que l’armée ukrainienne était en difficulté. « Les Russes avancent vers le milieu de Severodonetsk. Les combats se poursuivent, la situation est très difficile », a indiqué sur Telegram Gaïdaï.

Il a ajouté que la route reliant Severodonetsk à Lisichansk, puis à celle de Bakhmout plus au sud, était trop « dangereuse » pour permettre l’évacuation des civils et le transport d’aide humanitaire.

Contre-offensive ukrainienne dans le Sud

Les forces ukrainiennes ont affirmé néanmoins regagner du terrain dans le Sud, notamment dans la région autour de Kherson, ville proche de la Crimée passée sous contrôle russe début mars. Dans son point publié dans la nuit de dimanche à lundi, l’armée ukrainienne affirme notamment progresser près de Biloguirka, à une centaine de kilomètres au nord de Kherson.

Moscou n’a pas confirmé ces informations, mais a évoqué lundi des combats dans cette région, indiquant avoir détruit des équipements militaires ukrainiens avec des tirs d’artillerie sur Mykolaïv, et détruit en vol des roquettes ukrainiennes près de Tchornobaïvka, à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Kherson.

À Melitopol, autre ville du sud ukrainien occupée par les Russes, dans la région de Zaporijjia, l’administration prorusse a rapporté qu’une voiture piégée avait explosé lundi matin, faisant deux blessés.

Pas de lance-roquettes pouvant atteindre la Russie

La ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna visite Boutcha, ville martyre où ont été retrouvés des dizaines de cadavres de civils, pieds et poings liés.

La ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna visite Boutcha, ville martyre où ont été retrouvés des dizaines de cadavres de civils, pieds et poings liés.

AFP

Dans ce contexte, la nouvelle ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, s’est rendue lundi en Ukraine, première visite d’un responsable français de ce niveau depuis le début du conflit. La France « poursuivra et renforcera » ses livraisons d’armement à l’Ukraine, a-t-elle annoncé depuis Kiev, après une visite à Boutcha, ville de la banlieue de Kiev devenue symbole des massacres de civils imputés par Kiev aux forces russes.

Le président Emmanuel Macron avait déjà annoncé fin avril l’envoi de matériel militaire à Kiev, notamment des canons automoteurs Caesar. Ces canons « se sont avérés être des armes fiables et efficaces », a déclaré le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba aux côtés de Colonna. « Ce ne sont pas les seules armes qui arrivent depuis la France et pour chaque arme, nous sommes reconnaissants, » a-t-il ajouté.

Le président américain Joe Biden a néanmoins indiqué lundi à des journalistes que les États-Unis n’allaient « pas envoyer à l’Ukraine des systèmes de roquettes pouvant atteindre la Russie ». De telles livraisons avaient été évoquées ces dernières semaines, mais jamais confirmées.