Txakurra, une cyclo-entreprise bordelaise qui ne manque pas de flair

Au départ, Sunny n’était là que pour tenir compagnie à la famille….

Au départ, Sunny n’était là que pour tenir compagnie à la famille. « Les enfants l’adorent », souligne cet ami des animaux, qui avait déjà eu un setter anglais et un labrador. Mais connaissant l’appétence de cette race pour les missions de confiance, il se doutait que sa reconversion professionnelle lui plairait. Jean-Baptiste Faure travaillait dans le prêt-à-porter. Il dirigeait un magasin à Bordeaux. Aujourd’hui, il livre à domicile des aliments pour chiens et chats. L’intérêt, pour son « employée », comme il la surnomme affectueusement, c’est qu’il le fait en triporteur à assistance électrique. Il peut donc l’emmener en tournée, les oreilles au vent et tous les sens aux aguets. « C’est un chien de berger, un chien de travail, qui a besoin d’occupations cognitives, d’une interaction avec l’humain », explique le chef d’entreprise. De son poste d’observation privilégié, à l’avant, Sunny est la proue de cette sympathique aventure entrepreneuriale.

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L’exemple du labrador

Tel maître, tel chien, comme on dit. L’un comme l’autre sont particulièrement sociables. Jean-Baptiste Faure communique sa passion aussi bien aux passants qui promènent leurs chiens qu’aux automobilistes qui l’arrêtent aux feux rouges pour lui demander sa carte. Il connaît toutes les races de chiens et leurs spécificités en matière de nutrition. « Le labrador a un métabolisme puissant pour extraire des nutriments, signale-t-il. Plongeant dans les eaux froides, il a besoin de couches de graisse pour se protéger. À quantité égale, il puise beaucoup plus d’énergie que d’autres chiens dans sa nourriture. C’est pourquoi on lui donne une ration un peu moindre. L’autre problématique avec les labradors, c’est que 30 % ne sentent pas la satiété. Même l’estomac plein, ils n’ont pas l’impression d’être repus. »

« C’est un chien de berger, un chien de travail, qui a besoin d’occupations cognitives, d’une interaction avec l’humain »

Jean-Baptiste Faure n’est pas vétérinaire. Il ne fait aucun diagnostic, ne traite aucune pathologie. Il est « conseiller en nutrition », certifié. En plus, ou indépendamment, de la vente de croquettes, pâtées et friandises, il propose une autre prestation, des rendez-vous d’une demi-heure chez les propriétaires d’animaux pour établir un plan alimentaire, au gramme près, avec ou sans les marques qu’il distribue. Il en a trois dans sa remorque : Atavik, qui a mis au point 72 recettes, la Maison Moulin et « Les recettes de Daniel ». C’est du haut de gamme, fabriqué en France. Ses prix sont ceux pratiqués par les fournisseurs.

Voir passer un chien à 20 km/h n’est pas fréquent

Évidemment, Sunny a testé un certain nombre de ces produits. Tout travail mérite récompense. Sa bonne bouille commence à être connue dans les rues de Bordeaux, Bègles, Talence et du Bouscat, les quatre communes desservies. Voir passer un chien à 20 km/h n’est pas fréquent. « Elle regarde tout ce qui se passe autour, sourit le cyclo-entrepreneur. Si j’arrêtais, elle serait malheureuse. » Sunny a beaucoup de succès également dans les parcs de l’agglomération bordelaise, où le patron de Txakurra aime deviser avec les promeneurs. « C’est une bonne commerciale, plaisante Jean-Baptiste Faure. C’est même ma directrice de la communication. »

Emmener son animal de compagnie sur son lieu de travail est une tendance venue des États-Unis. Le sien est ambulant, mais parfaitement confortable. Le panier a été aménagé pour Sunny, qui reste attachée et ne gigote ni dans les virages, ni sur les pavés, puisque ce modèle de triporteur est pendulaire. « Par contre, avec un chat, ça n’aurait pas été possible », observe l’ancien manager. Mais c’est vrai, au fait. On finirait presque par oublier que les félins constituent une part importante de sa clientèle. Un conseil pour la route : « Les chats ont tendance à se lasser. Il faut varier les recettes ou alors cacher les croquettes. Le chat est un chasseur. Le faire un peu travailler pour trouver ses croquettes, c’est une ruse qui fonctionne. »