Tribune : L’immobilier doit être une grande cause nationale


Du côté des primo-accédants, les craintes sont fortes, surtout auprès des jeunes qui constituent le cœur de cible de nos professionnels. 32 % d’entre eux sont réservés quant à leur possibilité de payer leur logement. De même qu’un jeune sur deux affirme que ce sujet est la première préoccupation quotidienne. Comme l’analyse Real Estech la semaine passée, dans sa note, si rien ne change, le logement est une bombe sociale en devenir.

Si rien ne change, le logement est une bombe sociale en devenir

Pourtant, la pierre est l’un des actifs préférés des Français. C’est le meilleur placement sécuritaire pour se constituer un patrimoine évolutif, transmissible ou des revenus locatifs. C’est une chaîne vertueuse de l’économie française qui crée de la valeur ajoutée et des emplois. Enfin, le désir d’être propriétaire existe toujours, seulement il nous faut bien nous rendre à l’évidence qu’il stagne depuis quinze ans alors que nos voisins européens sont en dynamique.

Les réglementations énergétiques qui vont forcément entraîner la sortie d’une partie des biens de type E, F et G entre 2025 et 2034. Pour atteindre le génie climatique imposé notamment par les accords de Paris, il va falloir former les professionnels en place mais aussi lancer un vaste plan pour que la nouvelle génération l’intègre. Cela suppose également que les propriétaires entament de leur côté d’importants investissements pour remettre aux normes leurs biens et que les établissements financiers se montrent conciliants sur les conditions d’octroi des prêts.

Nos analyses sont d’autant plus lucides et objectives qu’elles reposent sur les données de terrain où les élus sont face à trois paramètres desquels ils sont prisonniers : le pouvoir d’accorder ou non un permis de construire, la limitation de l’artificialisation des sols et l’obligation de bâtir des logements sociaux. Quid des autres programmes de construction lorsque le plan d’urbanisme n’en laisse pas l’opportunité…

Le prochain quinquennat est l’occasion de faire de l’immobilier et du logement, une grande cause nationale. D’autant plus qu’ils pèsent 344 milliards d’euros dans notre économie. Soit presque autant que l’agriculture et l’industrie qui représentent 308 milliards d’euros.

5 % des Français ont été contraints d’en changer pour des raisons financières.

5 % des Français ont été contraints d’en changer pour des raisons financières.

Archives Quentin Petit

Disons-le : la politique du logement – et plus globalement de la promotion immobilière – ne donne plus satisfaction à l’ensemble des acteurs. Il est donc temps de les rassembler pour qu’émerge une nouvelle politique qui doit donner à nos compatriotes des perspectives. Parmi les axes prioritaires : repenser la fiscalité de l’immobilier sans découdre ce qui fonctionne, créer un véritable ministère du Logement et de l’Immobilier, décentraliser vers les collectivités la capacité de mieux construire pour répondre à la diversité des situations, sans devoir renoncer parfois face aux lois contradictoires voire inextricables.