Très sollicitée, la filière bois néo-aquitaine se veut réactive

1. L’avènement de la RE2020

Elle est entrée en vigueur au 1er janvier 2022. La RE2020 remplace la réglementation thermique pour la construction RT2012. Plus exigeante que le texte précédent en matière environnementale, elle rebat les cartes de la conception même des…

1. L’avènement de la RE2020

Elle est entrée en vigueur au 1er janvier 2022. La RE2020 remplace la réglementation thermique pour la construction RT2012. Plus exigeante que le texte précédent en matière environnementale, elle rebat les cartes de la conception même des bâtiments neufs individuels et collectifs. Outre la question de la consommation énergétique du bâtiment et de son isolation, elle pose celle du stockage du carbone et ce, dès la construction.

Et en la matière, le bois et les matériaux biosourcés (paille, chanvre) sont les plus enclins à y répondre. La filière bois sourit. L’argument prix avancé, il y a dix ans, pour préférer le béton, ne tient plus. Surtout dans le contexte de la flambée des coûts énergétiques qui résonnent surtout sur les matériaux fossiles. « Et si un projet RE 2020 peut paraître un peu plus cher qu’un projet sous l’ancienne réglementation, sur la durée, d’un point de vue énergétique, il est bien plus économe », lâche Christian Ribes, président de Fibois Nouvelle-Aquitaine.

La ressource en bois ne manque pas en Nouvelle-Aquitaine, c’est plutôt la main d’oeuvre et els outils de transformation du bois qui ne suffisent plus à satisfaire la demande.

La ressource en bois ne manque pas en Nouvelle-Aquitaine, c’est plutôt la main d’oeuvre et els outils de transformation du bois qui ne suffisent plus à satisfaire la demande.

AFP

Bien qu’annoncée depuis des mois, la mise en place de la RE2020 a pris de court certains concepteurs. « Or introduire du bois dans une construction mixte, ça se prévoit dès la conception », poursuit-il. Résultat, l’interprofession met les bouchées doubles, pour proposer des formations, aux bureaux d’études et architectes peu habitués à ce matériau et à ce qu’il implique.

2. La guerre en Ukraine et l’approvisionnement

« L’Ukraine et la Biélorussie sont les premiers producteurs de bois pour les emballages et palettes », fait remarquer Christian Ribes. « Le conflit russo-ukrainien a profondément déstabilisé ce marché, du fait du ralentissement et de la diminution des importations de l’est. Les fabricants se sont alors tournés vers le bois français… »

Un bois français qui était déjà en tension au lendemain de la crise du Covid avec une forte reprise de l’activité économique. « Nous avons la ressource, il n’y a pas de pénurie mais nous avons un manque flagrant de main-d’œuvre pour la récolte et la transformation. Et pas suffisamment d’outils de transformation. Les carnets de commandes n’ont jamais été autant remplis. Du jamais vu depuis dix ans ! » La filière accompagne les scieries existantes pour qu’elles puissent d’une part s’agrandir et d’autre part réorganiser leur production, afin de répondre au mieux à la poussée de la demande. On parle même à long terme de création de nouvelles structures sur la Nouvelle-Aquitaine.

« Nous avons la ressource, il n’y a pas de pénurie mais nous avons un manque flagrant de main-d’œuvre pour la récolte et la transformation »

Christian Ribes, présidente de Fibois Nouvelle-Aquitaine.

Christian Ribes, présidente de Fibois Nouvelle-Aquitaine.

Valérie Deymes/”Sud Ouest »

3. Le bois réexpliqué au grand public

Il y a quelques jours, la filière nationale publiait une lettre ouverte dans le « Nouvel Observateur » dénonçant les agressions dont sont régulièrement victimes les travailleurs du bois. « Un paradoxe quand on constate que le bois est le matériau plébiscité par l’ensemble de nos concitoyens. Mais force est de constater qu’un petit pourcentage d’entre eux s’oppose à toute coupe d’arbre », fait remarquer le président de l’interprofession néo-aquitaine.

Ce qui se manifeste par des agressions sur le terrain des personnels chargés des coupes et des récoltes. Quelle réponse peut apporter la filière ? « Une réponse pédagogique qui prend du temps. On communique dès qu’on en a l’occasion auprès des jeunes, des collèges, via les réseaux sociaux mais aussi lors de chantiers forestiers. Et on explique que pour le bilan carbone il est primordial de régénérer la forêt. Lorsqu’un arbre arrive à maturité, il ne capte plus de CO2. Il faut alors le couper et ce, pour en planter un autre. On explique aussi que le CO2 capté par l’arbre le reste après… Quand il est intégré dans une construction. Enfin, on explique aussi la déconstruction et les possibilités de recyclage qu’offre le matériau bois. d’ailleurs on voit émerger les premières constructions avec du bois recyclé. »

4. Le prix de la ressource