Tourisme durable : l’hôtellerie fait sa révolution verte

Une évolution qui va dans « la bonne direction », selon Karim Soleilhavoup, le directeur général du groupe Logis Hôtels qui exploite près de 2000 établissements en France, sous six marques commerciales. « Ce nouveau classement prend en considération l’évolution des usages, estime-t-il. Les clients sont déjà sensibilisés à la question des économies d’eau. Les jeunes notamment ont des exigences très claires. »

Dans ses hôtels, les produits de toilette emballés individuellement ont été supprimés dès 2019, pour être remplacés par des éco-pompes et du shampoing solide pourrait bientôt être proposé. Des poubelles de tri sélectif vont progressivement être installées dans les chambres. Du côté de la restauration, les producteurs locaux sont privilégiés et le grammage des protéines animales a été réduit dans les assiettes. Enfin, pour bénéficier du fonds tourisme durable, le groupe a noué un partenariat avec l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) qui l’aide à cibler les actions à mettre en place au plus près des besoins, dans chaque établissement.

« Un pollueur assez fort »

Dans ses hôtels, Eklo cherche à créer une ambiance chaleureuse avec des matériaux à faible empreinte environnementale.

Dans ses hôtels, Eklo cherche à créer une ambiance chaleureuse avec des matériaux à faible empreinte environnementale.

Fabien Cottereau/ « SUD OUEST »

Emmanuel Petit n’a pas attendu les nouvelles exigences du classement hôtelier pour engager son enseigne Eklo, dont le siège est à Bordeaux, sur la voie du développement durable dès la création de son premier établissement. Il faut dire que ses hébergements hybrides, qui proposent à la fois des chambres standards, des dortoirs pour les groupes ou des appartements pour les familles, ne rentrent pas dans les cases de l’hôtellerie traditionnelle.

Ancien cadre du groupe Accor, le patron d’Eklo a voulu créer un groupe en accord avec ses valeurs. « Le tourisme est un pollueur assez fort, alors si on peut diminuer son impact, c’est mieux. » De la construction à l’exploitation, il s’efforce de réduire au maximum l’empreinte environnementale de ses établissements. « Nous choisissons toujours des emplacements proches des transports en commun, si possible dans un éco-quartier pour bénéficier d’un réseau de chaleur. C’est le cas à Bordeaux. Quand c’est possible, nous construisons des bâtiments à ossature bois, comme à Marne-la-Vallée. Nous installons des panneaux photovoltaïques sur le toit pour de l’autoconsommation. Pour le mobilier dans les chambres, notamment les lits cabanes, nous travaillons avec un menuisier installé à Rodez (12) qui utilise du pin des Landes. »

Douche à économie d’eau et distributeur de gel douche.

Douche à économie d’eau et distributeur de gel douche.

Fabien Cottereau/ « SUD OUEST »

Le résultat, ce sont des hôtels chaleureux et décontractés que les clients choisissent d’abord pour leurs prix attractifs, mais aussi pour leur engagement environnemental. Les pommeaux de douche sont équipés de mousseurs pour ne consommer que 7 litres d’eau à la minute, contre 15 litres généralement. Les produits d’entretien, à base de pin des Landes et écolabellisés, sont utilisés avec parcimonie. Et l’offre de restauration fait la part belle aux circuits courts grâce à des partenariats noués avec des producteurs dans chaque région. Pour l’heure, Eklo compte six hôtels en France, cinq de plus doivent ouvrir prochainement.

Plateforme engagée

C’est parce qu’ils ne trouvaient pas de réponse à leur envie de pratiquer un tourisme durable que Marie-Pierre Schaubroeck et Stéphane Vincent-Montagnon ont créé WeGoGreenR, une plateforme d’hébergements touristiques écoresponsables. On y trouve aujourd’hui un millier d’adresses engagées dans une démarche de développement durable, des établissements indépendants, du gîte à l’hôtel de charme, en passant par l’hébergement insolite.

Les réservations peuvent se faire directement en ligne, le site prélève une commission de 10 %. WeGoGreenR propose également un accompagnement et des formations pour les professionnels qui veulent se lancer dans une démarche responsable. « On peut leur apporter des solutions concrètes sur la gestion du linge de lit ou la fin de vie d’un matelas », précise la cofondatrice.