Sud-Gironde : un recrutement sans CV, mais pas sans difficulté pour les Grands Chais de France

« Je l’ai amené quand même, au cas ou », confie…

« Je l’ai amené quand même, au cas ou », confie ce mercredi 16 mars l’habitante de Saint-Caprais-de-Bordeaux, qui, après avoir élevé sa fille âgée de 12 ans, a décidé de reprendre le travail. Dans quelques minutes, elle va participer à un exercice de recrutement par simulation dans les locaux de Pôle emploi à Langon.

Carole Alonzo et Pierre Payzan, de Pôle Emploi Langon, et Eric Pannetier et Alexandra Dureau, le directeur du site de Landiras et la responsable ressources humaines.

Carole Alonzo et Pierre Payzan, de Pôle Emploi Langon, et Eric Pannetier et Alexandra Dureau, le directeur du site de Landiras et la responsable ressources humaines.

Jérôme Jamet

Une méthode qui permet d’évaluer les aptitudes naturelles des candidats à occuper le poste. Concentration, organisation, dextérité… « On recherche les savoir être des candidats, il n’y a pas de discrimination », indique Pierre Payzan, nouveau directeur de Pôle emploi à Langon, partenaire de l’entreprise dans cette opération de recrutement.

Le travail en trois-huit ne fait pas peur à Maria. Après avoir assisté à une visite de l’entreprise avec les autres postulants en début de semaine, elle a été convaincue. « J’ai bien aimé, ça m’a motivée encore plus. Je suis manuelle, fille de maçon. Avant, j’ai travaillé dans le câblage de voitures électriques. »

« Depuis le mois de mai et la reprise de l’activité, le marché du travail est devenu très favorable aux demandeurs d’emploi qui ont le choix »

Steven, 25 ans, espère aussi passer avec succès l’épreuve de simulation. Le jeune homme a été conducteur d’engins forestiers avant d’intégrer les Grands Chais de France en intérim. Le CDI promis au terme des six mois de formation en CDD sera pour lui synonyme d’indépendance.

Comme Maria et Steven, ils sont une soixantaine de candidats âgés de 19 à 60 ans à tenter leur chance pour les 15 postes à pourvoir. C’est deux fois plus de candidats qu’en octobre lorsqu’une première session de recrutement avait fait un flop relatif. « On avait eu tellement peu de candidats que l’on n’avait pas lancé la formation », se souvient Alexandra Dureau, responsable ressources humaines chez Grands Chais de France.

« Nous sommes tombés à un taux de chômage de 7 % sur le secteur. Il est de plus en plus difficile de trouver des profils et des compétences demandées », souligne Pierre Payzan. « Depuis le mois de mai et la reprise de l’activité, le marché du travail est devenu très favorable aux demandeurs d’emploi qui ont le choix », confirme Éric Pannetier, directeur du site de Landiras

En formation et payés au smic

Pôle emploi a dû travailler différemment pour attirer des candidats prêts à travailler en trois-huit. « On a monté une équipe projet de conseillers dédiée, afin de mieux cibler les demandeurs d’emploi », poursuit Pierre Payzan.

L’entreprise a aussi évolué, avec une réunion d’information et une visite de l’usine où l’on valorise l’autonomie et la responsabilité des salariés. Mais le changement le plus décisif est sans doute la hausse du salaire proposé pour les 15 postes. Au lieu de payer au barème d’un contrat de qualification, Grands Chais de France a décidé d’embaucher directement au smic les salariés en formation.