Sud-Gironde : entre Dax et Bordeaux, le village forestier d’Escaudes aura-t-il sa gare LGV ?

En mauve, l’emplacement de la future halte ferroviaire d’Escaudes, près de l’échangeur autoroutier de Captieux.

En mauve, l’emplacement de la future halte ferroviaire d’Escaudes, près de l’échangeur autoroutier de Captieux.

GPSO

Ici, la LGV, on n’en a jamais voulu. De toutes les communes traversées par le Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest, le GPSO, autre nom des lignes LGV Bordeaux-Dax et Bordeaux-Toulouse, Escaudes paiera le plus lourd tribut en termes de foncier avec l’artificialisation de 160 hectares de forêt. Dont une partie sera défrichée pour la construction du grand triangle ferroviaire où se croisent les lignes, longtemps appelé « le triangle infernal ».

« On a voulu nous amadouer à l’époque avec cette gare. Mais de toute façon, on n’a jamais pesé bien lourd dans cette affaire »

Compensation

C’était à la fin des années 2000. L’opposition à la LGV est alors virulente en Sud Gironde. Les manifestations se succèdent. Le maire du village voisin de Captieux, à l’époque, n’est autre que Jean-Luc Gleyze, aujourd’hui président du Département, pourfendeurs de la LGV. Pour faire passer la pilule, la Région, déjà présidée par Alain Rousset, propose d’inclure dans ce projet à 14 milliards d’euros un « service régional à grande vitesse », le SRGV.

Le SRGV est une sorte de TER à 250 km/h qui empruntera les rails de la LGV entre Bordeaux et Dax, avec escale à Escaudes. Une compensation pour l’ancien canton de Captieux avec la promesse de rejoindre Bordeaux en vingt minutes chrono.

La gare d’Escaudes appelée « halte SRGV » figure bien sur le tracé définitif de la LGV. Elle est située juste à côté de l’échangeur autoroutier de Captieux de l’A 65. À environ 4 kilomètres des bourgs d’Escaudes et de Captieux, sur des parcelles occupées aujourd’hui par la forêt.

La gare est confirmée

« Une telle gare peut concerner au maximum 2 000 habitants. Il n’y en aura pas plus à l’avenir car notre plan local d’urbanisme intercommunal ne nous permet pas de construire de nouvelles maisons. Ce n’est pas la peine de faire une gare pour des usagers qui ne seront pas là », souffle le maire.

« On a voulu nous amadouer à l’époque avec cette gare. Mais de toute façon, on n’a jamais pesé bien lourd dans cette affaire », rebondit un conseiller municipal. Dans la petite mairie, les élus se demandent bien quel type de train va être utilisé pour ce TER à grande vitesse. « Peut-être des anciens TGV réformés, mais ça va coûter cher », s’interroge le maire qui a encore du mal à croire à ce projet. « Cette halte est tout à fait hypothétique. Elle a été lancée à l’époque pour calmer les gens coin. »