Stations de gonflage de vélo à Bordeaux : « C’est un abandon total »

Les onze stations de gonflage (et de réparation) installées dans la ville.

Les onze stations de gonflage (et de réparation) installées dans la ville.

SO infographies

Quand il a lu dans « Sud Ouest » que la majorité des onze pompes existantes étaient hors service, son sang n’a fait qu’un tour. « C’est un abandon total. » Pour lui, le ver était dans le fruit dès l’origine. « Il nous a été demandé de donner très vite un chiffrage pour déposer le dossier. Malheureusement, on n’a mis ‘‘que’’ 24 000 euros. Or on s’est immédiatement rendu compte que pour que le projet soit viable, il fallait mettre 72 000 euros sur la table afin d’installer 50 stations », affirme ce spécialiste des flux logistiques (voir cartographie ci-dessous).

Pourquoi 50 ? « C’est le seuil minimum pour que le parc d’appareils résiste à l’usure et aux dégradations. Cela permettrait de disposer une pompe tous les 250 mètres. Quand nous avons plaidé en ce sens, on nous a dit de ne pas nous inquiéter, qu’on verrait plus tard. »

« Là pour la photo »

Nicolas Tonel est amer. « Pour faire la photo et se montrer, les élus étaient au rendez-vous : l’ancienne municipalité a tenu à faire une image à Pellegrin en février 2020, avant les élections. Et la nouvelle en décembre à Pey-Berland. Par contre, pour faire vivre le projet, plus personne n’est là. Ce qui est décevant au regard de la couleur politique de l’équipe actuelle. »

Nicolas Tonel s’étonne de lire qu’aucun budget « entretien » n’avait été envisagé avant octobre 2021. Et de découvrir que les soucis sur les flexibles pourraient prévenir d’un défaut des appareils sans que la mairie indique se retourner contre son fournisseur. Et, surtout, il déplore que la Ville ait décliné l’installation de nouveaux sites de gonflage dans le cadre du troisième plan vélo de la Métropole.