Sports mécaniques. Coupes de Pâques à Nogaro : Prost, bien plus qu’un nom

Ce n’est pas naturel de faire une carrière de pilote quand on s’appelle Prost… Vous avez failli devenir golfeur ?

J’aurais tout aussi bien pu faire du vélo, du ski ou du foot ! Prost, c’est surtout une éducation, mes parents m’ont toujours poussé à faire beaucoup de sport. J’ai fini par faire de la voiture, mais ils ne m’ont jamais incité à faire plus de la voiture qu’autre chose. L’école, c’était aussi très important [NDLR : il a fait des études en économie aux États-Unis]. Mais ils ne m’ont pas poussé à faire du sport auto.

Vos premiers tours de roues datent de 2003 en Formule Campus. Vous souvenez-vous de vos premières sensations ?

Ça commence à remonter un peu, ça a presque vingt ans… Mais je me rappelle que j’avais l’impression que ça allait super vite, alors que les Formule Campus de l’époque n’étaient pas super rapides. Les premières sensations, on s’en rappelle forcément. Conduire une voiture de course, c’est quand même une marche assez importante pour se rendre compte jusqu’où on peut aller au niveau du grip. Au début, il faut s’y habituer ! Ça remonte un peu, mais ça reste des super souvenirs.

Vous avez ensuite testé plusieurs catégories (Formule Renault, Grand Tourisme, Formule 3000, endurance…). Le nom de Prost ouvre-t-il des portes ou est-il difficile à porter ?

Au bout de vingt ans, quand on tire le trait, je pense que ça a des avantages et des inconvénients. C’est toujours bien de pouvoir comparer à d’autres comme Bruno Senna ou Nelsinho Piquet, et on se rend compte que ça ouvre beaucoup de portes, mais ça en ferme aussi beaucoup.

La seconde séance d’essais libres à peine terminée, Nicolas Prost livre déjà ses premières impressions à son équipe du team CMR.

La seconde séance d’essais libres à peine terminée, Nicolas Prost livre déjà ses premières impressions à son équipe du team CMR.

F. C.

« Avec moi, papa ça a toujours été « débrouille toi ! ». Bien sûr qu’il m’a aidé, mais il n’a pas été omniprésent »

Quelle est la place de votre père Alain Prost dans votre carrière : un conseiller, un modèle ou un simple soutien ?

Avec moi, papa ça a toujours été « débrouille toi ! ». Bien sûr qu’il m’a aidé quand il pouvait aider, mais il n’a pas été omniprésent. Il a été un père comme d’autres, plus ou moins présents qu’ils aient été pilotes ou pas. On prend sûrement des choses de son père. J’aurais fait un autre sport, j’aurais sûrement aussi appliqué ses méthodes. Mais ça vient plus de l’éducation et ça n’a pas grand-chose à voir avec qui il est et ce qu’il a fait.

Vous avez touché un peu à tout dans le sport automobile, n’avez-vous jamais eu envie de vous fixer dans une catégorie ?

J’ai fait le gros de ma carrière en monoplace et en prototype. J’ai quand même fait dix fois Le Mans, dix ans de championnat du monde d’endurance, six ans pilote d’essais en Formule 1, j’ai fait de la Formule E… C’est sûr que ma prédilection était de faire de la monoplace et du proto, ce que j’ai fait et j’en suis super heureux. Après, ça n’empêche pas de toucher à autre chose. Aujourd’hui, j’ai 40 ans, ma carrière est largement derrière moi au niveau mondial. Revenir courir en France, faire du Grand Tourisme, c’était un énorme challenge. Il me fallait tout réapprendre.

À 40 ans, vous rêvez de quoi désormais ? Le rallye-raid peut-il vous tenter ?

On va déjà essayer de gagner ce championnat de France GT4, parce que quand on se fixe un objectif il faut l’atteindre. Chaque chose en son temps. Le rallye-raid, je ne sais pas… Aller dormir dans le désert, ça ne me fait pas forcément envie ! On verra dans le futur. Pour l’instant, je suis concentré sur le GT France et le F3 Ultimate pour essayer de le gagner une seconde fois d’affilée. Je suis très heureux de revenir dans mon pays et de courir sur les circuits où je roulais quand j’étais jeune.

Comme son père « le Professeur », Nicolas Prost ne laisse rien au hasard une fois qu’il est descendu de sa voiture.

Comme son père « le Professeur », Nicolas Prost ne laisse rien au hasard une fois qu’il est descendu de sa voiture.

F. C.

Bruits de pots

Guest star : Julien Fébreau en lice en Renault Clio Cup. Son gimmick est sa signature avant chaque départ de Grand Prix de Formule 1 : « Montez le volume et rendez-vous au premier virage ! » Le journaliste Julien Fébreau (39 ans) n’est pas que la voix de la F1 sur Canal+ depuis 2013. Le Breton est aussi un pilote de course quand il en a l’occasion depuis une dizaine d’années. Après avoir débuté par le rallycross, il s’est ainsi essayé à plusieurs catégories comme le championnat de drift, le Trophée Andros, la Mitjet où encore l’Alpine Elf Europe Cup qui lui avait déjà permis de découvrir le circuit Paul Armagnac en 2019. Trois ans plus tard, Julien Fébreau est de retour à Nogaro, cette fois au volant d’une Clio (n°100) du team GM Sport. Après avoir signé le 18e temps des essais libres, le journaliste-pilote a claqué le 22e temps des essais qualificatifs (sur 27 pilotes) et s’élancera donc en 11e ligne sur la grille de départ de la première course ce dimanche (12h40). Allez Juju, accélère, accélère !

Julien Fébreau a pris ses marques sur le circuit Paul Armagnac lors des essais en Renault Clio Cup.

Julien Fébreau a pris ses marques sur le circuit Paul Armagnac lors des essais en Renault Clio Cup.

F. C.

Innovation : Le Recovery Box 360°, atout récup des pilotes. Il ne passe pas inaperçu dans les paddocks. Garé derrière les stands des pilotes GT, il n’a rien à envier à leur motorhome. Il a même un ou deux trucs en plus ! Cet ovni, c’est le Recovery Box 360°, un semi-remorque de 14 mètres de long « spécialiste de la récupération mobile » pour les sportifs. Imaginé par l’ancien talonneur du SU Agen Marc Barthomeuf et son associé Hervé Inglebert, ce camion entièrement modulable et adaptable à tous les sports propose une cabine infrarouge avec trois fauteuils zéro gravité, une balnéothérapie, deux tables de massage, six paires de bottes de pressothérapie, deux lampes de photobiomodulation, une capsule de neuro-relaxation, et une cabine de cryothérapie corps entiers. Des appareils qui attisent la curiosité des pilotes. Certains les ont même déjà testés et ont pu mesurer les bienfaits au volant.

La cabine de cryothérapie peut accueillir trois personnes à -86° C pendant trois minutes.

La cabine de cryothérapie peut accueillir trois personnes à -86° C pendant trois minutes.

F. C.