Sports mécaniques. Coupes de Pâques à Nogaro : Nicolas Milan, le Pape de la Clio

« Je ne ferai pas ça dix ans de plus », prévient celui qui fêtera ses 42 ans le 7 mai. Originaire de Cenon (Gironde), Nicolas Milan aurait pu avoir une tout autre carrière. « Plus jeune, je suis passé à côté de quelques opportunités et je n’ai pas pu me démarquer, confirme-t-il. J’ai débuté par les Rencontres Peugeot Sports et j’ai gagné ma deuxième course. Cela m’a permis d’être pilote officiel Peugeot et je signe la pole pour ma première course en Super Production. Mais je fais une bêtise en course qui m’a coûté cher. » Au point de passer à côté d’une carrière ? « C’est compliqué d’être pilote professionnel, surtout si on n’amène pas d’argent. Ou alors il faut être extraordinaire, se démarquer et rencontrer les bonnes personnes. »

Le Prix André Diviès

Nicolas Milan ne regrette rien. « Cela m’a poussé à monter ma propre société, donc je suis quand même pilote professionnel puisque je vis de ma passion. Et l’avantage est qu’on ne va pas me licencier demain ! » Parmi les quelque 800 pilotes autos licenciés à l’ASA Armagnac-Bigorre à Nogaro, le n°1 collé sur la carrosserie de sa Clio lui va comme un gant après son triplé historique en 2021 (France, Espagne et Europe). Pour cet exploit, il a reçu en ouverture de ces Coupes de Pâques le Prix André Diviès, « bâtisseur » du circuit de Nogaro décédé à 88 ans en novembre dernier, qui récompense les meilleurs pilotes circuit et rallye de l’ASA gersoise en fonction de leurs classements. « C’est le privilège d’avoir fait beaucoup de courses ! »

« C’est compliqué d’être pilote professionnel, surtout si on n’amène pas d’argent »

Comme les Marseillais avec la Ligue des Champions, Nicolas Milan sera « à jamais le premier » à avoir remporté ce prix qui a remplacé cette année le Trophée Claude Fior, du nom de cet ingénieur-concepteur des voiturettes électriques de golf et des premières Campus, qui s’était tué en 2001 dans un accident d’avion tout près du circuit de Nogaro. « C’est un honneur d’avoir eu ce Prix André Diviès, ça change des coupes en plastique ! C’est quand même un monument du sport auto le père Diviès. C’était un personnage, avec son caractère, mais attachant. J’avais gagné sur ce circuit une de mes premières courses, j’avais 20 ans, et il m’avait défendu auprès des commissaires sur un litige. C’était un passionné qui avait le poids pour le faire. »

« Mieux, je pourrai pas ! »

La passion, c’est aussi ce qui anime Nicolas Milan. Il la partage grâce à son team Milan Compétition qui propose une formule clé en main pour 50 000 euros la saison de six meetings (12 courses au total). « Faire rouler les autres, les accompagner et faire progresser les gens, c’est aussi passionnant que de piloter. Et maintenant, ces pilotes sont plus rapides que moi ! Ce sont eux qui m’aident à rester dans le coup. » Ils sont quatre à l’accompagner sur la piste lors des meetings. « Ça permet de s’occuper correctement de chaque personne. » Et les résultats sont là. Sur les cinq voitures présentes ce week-end aux Coupes de Pâques, Milan Compétition en a placé quatre dans le Top 8 de la première course ce dimanche, dont Marc Guillot sur le podium (2e).

Alors que le journaliste de Canal+ Julien Fébreau s’est classé 19e (sur 27 partants), Nicolas Milan sera revanchard pour la seconde course de ce lundi (12 h 40) après avoir lutté pour la gagne avant de glisser à la 4e place dans le dernier tour. « Avec Castrol comme partenaire, il faut gagner si je veux qu’ils m’aident encore l’année prochaine. » La philosophie est la même pour ses pilotes de 19 à 70 ans. « L’intérêt des coupes de marques est qu’il y a des primes du constructeur pour faire baisser les coûts. J’ai toujours privilégié ces courses qui permettent de financer la saison », précise ce papa de trois garçons de 6 à 14 ans qui ont déjà goûté au karting, mais qu’il ne poussera pas vers le sport automobile.

Sur le circuit de ses premiers tours de roues, à 80 km de son garage, le Pape de la Clio Cup n’est pas rassasié après son carton plein en 2021 : « Mieux, je pourrai pas ! Mais je vais essayer de réitérer la même chose ou de faire en sorte que ce soit un pilote de chez moi qui gagne. »

Ici aux côté du journaliste Julien Fébreau (n°100), Nicolas Milan porte le n°1 sur sa Clio suite à son triplé de la saison dernière.

Ici aux côté du journaliste Julien Fébreau (n°100), Nicolas Milan porte le n°1 sur sa Clio suite à son triplé de la saison dernière.

F. C.