Souveraineté alimentaire : “Nous devons plus que jamais préserver le foncier agricole”

Les marchés ruraux

Après la contraction des transactions en 2020 liée au Covid et au confinement, l’année 2021 fait apparaître un fort dynamisme sur les marchés fonciers ruraux avec une hausse des valeurs de 33,5 %, tirée surtout par le marché des maisons de campagne. Ce dernier affiche une augmentation de 21,3 % en nombre de transactions et de 37,2 % en valeurs, la conséquence d’une attractivité soudaine pour les territoires ruraux manifestée par des urbains au lendemain des confinements. La forêt bénéficie de l’embellie : +21,8 % de transactions dans un contexte de forte demande du marché du bois. Et les acquisitions par des particuliers présentent une poussée inédite (+19%). Le marché des terres libres et des prés lui aussi rebondit et enregistre des records. Le marché des vignes affiche une nette reprise avec des valeurs d’échange tirées vers le haut par la vente des biens bâtis.

La Safer attire l’attention sur le fait que la part des transactions sur le marché sociétaire des vignes ne cesse de progresser. On notera d’ailleurs que l’entrée en vigueur le 1er novembre prochain de la loi Sempastous devrait lui permettre désormais d’être informée de toute cession de parts.

“Reflechie”, Olivier et celine Tinle, Elevage d’Ovins et production de fromage au lieu dit La Borde au Change (Dordogne).

“Reflechie”, Olivier et celine Tinle, Elevage d’Ovins et production de fromage au lieu dit La Borde au Change (Dordogne).

Philippe Greiller / “Sud Ouest”

La Safer regrette que le marché du foncier rural soit trop souvent orienté vers l’agrandissement des exploitations, au profit des céréales et au détriment des élevages, « avec des impacts sur la biodiversité, l’environnement et avec le risque de déprise et de détournement d’usages productifs ». « Il ne faut plus stigmatiser l’élevage, indispensable aux grands cycles agronomiques. Il entretient nos prairies et nos paysages », a martelé Emmanuel Hyest. Le rapport de la Safer souligne la pression à laquelle sont soumis les cédants et les difficultés d’accès au foncier des jeunes candidats à l’installation.

Le revenu des agriculteurs

Elle propose d’ailleurs des dispositifs de portage de terres pour ces derniers mais elle considère que la clé du problème réside dans le revenu des agriculteurs. « Si nous voulons relever le défi du renouvellement des générations agricoles, il est impératif de renverser le modèle dominant d’agrandissement et d’accaparement des terres » a renchéri le président de la fédération des Safer.

Rappelons qu’en cinquante ans, , le nombre d’exploitations agricoles en France a baissé de 76 % (1 580 000 en 1970, 389 500 en 2020), tandis que leur surface a été multipliée par trois et que 60 % des chefs d’exploitation ont plus de cinquante ans. Les départs à la retraite ne sont pas actuellement compensés par les 12 500 nouvelles installations enregistrées par an.