Social à Cognac : l’Aserc dans le rouge vif, la présidente jette l’éponge

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Cognac : l’organisation Aserc passée au peigne fin

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Depuis début janvier, l’Association socio-éducative de Cognac, qui sort de deux années chaotiques en interne, fait l’objet d’un audit complet de son activité à la demande de ses financeurs, et notamment de la municipalité

Ce lundi 20 juin, en fin d’après-midi, les adhérents ont appris lors de l’assemblée générale annuelle que le résultat net, à la fin 2021, affichait moins 293 000 euros. Le déficit se creuse vite : il était de 44 000 euros fin 2020. Ces chiffres sont à rapporter à un budget d’exploitation annuel de 2,14 millions.

« En danger »

« L’association, que j’accompagne depuis huit ans, est en danger. Jamais les comptes n’ont été aussi mauvais. Vous avez évaporé toutes les réserves et ne pouvez continuer ainsi […]. Vous êtes sur le fil. J’espère que la situation s’améliorera », a déclaré David Decours (cabinet Exco-Valliance), le commissaire aux comptes.

Ce dernier a ajouté avoir été contraint de lancer une procédure d’alerte et d’informer la présidente du tribunal d’Angoulême. Le conseil d’administration de l’Aserc a été officiellement saisi, par courrier, le vendredi 17 juin. L’information a suscité une vive émotion (voire de l’incompréhension) dans une salle chauffée à blanc de la Maison du temps libre, où se tenait l’assemblée générale, dans le quartier de la Chaudronne.

L’assemblée générale de l’Aserc se tenait dans une salle chauffée à blanc de la Maison du temps libre, dans le quartier de la Chaudronne.

L’assemblée générale de l’Aserc se tenait dans une salle chauffée à blanc de la Maison du temps libre, dans le quartier de la Chaudronne.

O. S.

Selon les éléments du cabinet comptable KPMG, le déficit s’explique en partie par la hausse des coûts de personnel (+ 88 000 €), des frais généraux (+ 52 000 €) et d’une provision de 130 000 € pour « risque prud’homal ». Selon Marianne Reynaud-Jeandidier, le résultat de 2021 est lié à des « cumuls exceptionnels et malheureux » mais le déficit « réel et structurel » serait de moins 45 000 euros. « Ce qui est déjà inquiétant, je le concède », a-t-elle précisé, avant de lire un rapport moral.

« Quel bordel ! »

Au premier rang, Morgan Berger, le maire de Cognac, l’air grave. À ses côtés, un autre financeur de l’Aserc, Thibaut Simonin, représentant le Conseil départemental de Charente.

Au premier rang, Morgan Berger, le maire de Cognac, l’air grave. À ses côtés, un autre financeur de l’Aserc, Thibaut Simonin, représentant le Conseil départemental de Charente.

O. S.

Celle qui fut adjointe aux affaires sociales du temps de Michel Gourinchas, l’ancien maire, avait pris la présidence de l’Aserc en septembre 2020. Elle était pleine d’enthousiasme et voulait « ramener un gros et beau paquebot à quai, après la tempête ». Elle se dit aujourd’hui « usée et fatiguée ». Elle affirme que les aides de l’État et le chômage partiel, pendant la crise sanitaire, ont masqué de mauvais arbitrages en 2019. Que des « conflits sous-jacents, ignorés et mis de côté depuis des mois » ont miné l’association. Que les bénévoles administrateurs sont « humiliés par des courriels […] d’une incorrection inacceptable ». Était ici visée la directrice de la Caisse d’allocations familiales de la Charente, dont le nom n’a pas été prononcé par Marianne Reynaud-Jeandidier mais la fonction dévoilée par Michel Gourinchas, présent lors de la réunion.

« Je ne serai pas la présidente du plan social […]. Je ne peux plus faire le dos rond, subir sans agir », a déclaré celle qui jette l’éponge, préférant démissionner de son mandat de présidente mais souhaitant rester administratrice.