Sécheresse en Charente-Maritime : pour les récoltes, « cela pourrait être pire que ce qu’on pense »

« On n’a pas eu assez d’eau cet hiver, mais ce n’est pas très grave à la limite. C’est surtout au printemps qu’il en faut. Depuis le 1er janvier, il est tombé 140 millimètres. Normalement, on devrait être presque au double, avec des moyennes de 80 mm. Cela se voit sur les blés et les orges. Ils seront prêts dans trois semaines. Le 1er juin, on moissonnera, avec quinze jours d’avance. À Saint-Jean-d’Angély, où ils ont toujours une semaine d’avance sur nous, ce sera plus tôt. »

« C’est encore plus inquiétant pour les éleveurs, je ne sais pas ce qu’ils vont donner à manger à leurs animaux »

Ce n’est pas la première fois que Jean-Philippe Rousseau doit moissonner un peu plus tôt que prévu, sans remonter à la grande sécheresse de 1976 (« je m’en souviens bien, j’avais 14 ans »). Mais les débuts d’année secs sont de plus en plus fréquents. « C’est pénalisant pour les cultures de printemps, pour les tournesols par exemple. Tout n’est pas levé, ils attendent la pluie, ils souffrent. C’est encore plus inquiétant pour les éleveurs, je ne sais pas ce qu’ils vont donner à manger à leurs animaux. On a commencé à faire du foin pour les clients, il y a la moitié d’une année normale. »

Mauvaise année

Le long épisode de sécheresse a aussi une conséquence pour son autre activité, celle de l’entreprise de travaux agricoles qu’il gère au sein d’un groupement d’employeurs, Rousseau Agri. Le phénomène climatique n’arrive pas au meilleur moment. « C’est une année où on augmente nos tarifs en raison de toutes les hausses : carburant, pneus, huiles, pièces détachées. C’est plus facile de faire passer une augmentation quand il y a une bonne récolte. »

L’inquiétude concerne aussi les éleveurs, qui pourraient manquer de foin.

L’inquiétude concerne aussi les éleveurs, qui pourraient manquer de foin.

ROMUALD AUGE/SUD OUEST

L’entreprise de Ferrières loue du matériel agricole dans tout le canton de Courçon jusque dans le sud des Deux-Sèvres. Elle assure aussi la moisson, l’ensilage, l’épandage de fumier, et effectue au besoin les travaux « de A à Z » de la ferme, du semis jusqu’à la récolte. Six salariés contribuent à cette activité en temps normal, renforcés par des saisonniers en été. L’effectif sera sans doute restreint cette année. « On aura moins besoin de saisonniers. D’un autre côté, on est comme dans tous les autres domaines, on ne trouve personne. Il y a dix ans, le 15 mars, j’avais entre 15 et 20 CV. Là, j’en ai reçu un. Mais ça nous inquiète moins cette année. »