Salon de l’agriculture Nouvelle-Aquitaine : qu’en est-il du bien-être animal ?

Exit les postérieurs charnus, place à des demoiselles aux hanches anguleuses et aux pis proéminents. Une vingtaine de bénévoles, jeunes éleveurs et membres de l’équipe du salon s’active. Le foin en place et le fumier sont ramassés et jetés dans des bennes. Ils seront récupérés par des agriculteurs partenaires de Gironde pour être épandus. La place est nette et un désinfectant homologué est pulvérisé sur chaque emplacement. Pas question de prendre le risque d’une bactérie qui traîne. Les vaches laitières sont fragiles. Parallèlement, on finit d’installer la traite mobile car les invitées vont devoir y passer deux fois par jour et le lait sera collecté par la laiterie, le Petit Basque sise à Saint-Médard-d’Eyrans. On remet de la paille fraîche. Les « chambres » sont prêtes.

Le chauffeur du camion doit avoir été formé au transport d’animaux et le véhicule équipé pour ce transport: foin au sol, aération, densité d’animaux conforme aux normes.

Le chauffeur du camion doit avoir été formé au transport d’animaux et le véhicule équipé pour ce transport: foin au sol, aération, densité d’animaux conforme aux normes.

GUILLAUME BONNAUD / SUD OUEST

Cheptels indemnes

19 heures, les premières invitées arrivent. À chaque arrivée d’animaux sur le salon, la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) est sur le pont avec trois agents et un vétérinaire. Aucun animal ne pourra descendre d’un camion et entrer dans l’enceinte du Parc sans avoir montré patte blanche. « Nous vérifions que le chauffeur a été formé au transport d’animaux, que le camion est équipé avec une densité d’animaux conforme aux normes en vigueur », souligne Thierry Touzet, directeur adjoint de la DDPP de la Gironde. « Le véhicule doit avoir été désinfecté avant la montée des vaches ce qui doit figurer sur un cahier. » Pas de cahier pour le premier camion en provenance de l’Aveyron. Il fera l’objet d’un rappel à la loi.

Entre le départ des Limousines et l’arrivée des vaches laitières, une heure de nettoyage et désinfection intensive par les bénévoles et équipe de l’organisation.

Entre le départ des Limousines et l’arrivée des vaches laitières, une heure de nettoyage et désinfection intensive par les bénévoles et équipe de l’organisation.

Valérie Deymes

Les agents épluchent les certificats sanitaires du cheptel dont sont issus les animaux et les certificats individuels de chacun d’entre eux, prouvant qu’ils sont tous indemnes de maladies listées en amont avec les organisateurs du salon. « Des documents signés par un vétérinaire et validés par la DDPP d’origine des animaux », poursuit Thierry Touzet. Les animaux commencent à descendre. Le vétérinaire de la DDPP inspecte l’intérieur du camion afin de vérifier que le transport a été réalisé dans de bonnes conditions et s’assure que les bêtes n’ont pas souffert du voyage. « En cas de non-conformité des documents, les animaux repartent. Si l’un d’eux est blessé, il est pris en charge ici à l’infirmerie et suivant son état il y reste le temps de se remettre ou il repart chez lui. »

Pour des invitées, le voyage a été un peu long. On titube à la descente. On va se reposer et profiter du foin frais. Certaines prendront une douche. Puis ce sera la traite et la première nuit à Bordeaux avec des éleveurs d’astreinte pour surveiller qu’elle soit douce.