Saintes : au cœur de la machine des Restos

Une armée de bonnes volontés…

Une armée de bonnes volontés déballe, pèse, trie, range dans les rayonnages ou les réfrigérateurs. L’organisation est au cordeau. « Il faut entre 15 et 18 personnes les matins et après-midis », explique Michel Regneault, président de l’antenne saintaise depuis quatre ans. L’organisation n’est ici pas un vain mot.

265 familles

Dans l’après-midi, les personnes accueillies – les Restos ont banni le mot « bénéficiaires » –, viendront à l’heure indiquée et recevront ce dont ils ont besoin, selon un barème établi en points. Les étiquettes ne comportent aucune valeur en euros. « Équité, accueil inconditionnel et absence de jugement » sont les lignes de conduite partagées par la centaine de bénévoles que compte le centre de Saintes. Certains seront présents, samedi 25 juin, à l’occasion de portes ouvertes que les Restos du cœur initient nationalement pour la première fois. L’occasion de découvrir la mécanique bien huilée des Restos.

Quatre-vingts de la centaine de bénévoles sont des « permanents » : ils se sont engagés à donner une journée de leur temps par semaine. Du temps opérationnel mais aussi du temps de formation. Le président le confesse : « on ne manque pas de bénévoles » mais il n’y a jamais trop de bras, ni de compétences pour recevoir les 265 familles inscrites aux Restos du cœur de Saintes. Soit exactement 529 adultes et enfants (à partir d’1 an). Une activité qui en fait le troisième plus gros centre de Charente-Maritime après Laleu et La Rochelle-Bongraine.

Sur les 80 personnes accueillies en retour à l’emploi, la moitié a retrouvé du travail »

Le public aidé, lui, a évolué. Réjane Garnier, coresponsable des Restos de Saintes, constate « une augmentation de retraités, qu’ils vivent seuls ou en couple ». Plus classique malheureusement, « on a beaucoup de familles monoparentales, principalement des femmes ».

Des ateliers pour aider

Si la distribution alimentaire est l’action la plus connue de l’association créée par Coluche, elle n’est plus la seule raison d’être des Restos. À chaque inscription, les bénévoles consacrent quarante-cinq minutes en moyenne pour « bien faire les choses ». C’est-à-dire prendre le temps de dire : « ce que vous vivez là, ça peut arriver à chacun d’entre nous », expose Michel Regneault. Vient ensuite l’exposé de tous les autres appuis.

Réjane Garnier et Michel Regneault montrent les grilles qui déterminent ce à quoi chaque famille peut prétendre.

Réjane Garnier et Michel Regneault montrent les grilles qui déterminent ce à quoi chaque famille peut prétendre.

Séverine Joubert

Ainsi, « l’aide à la personne » s’est démultipliée : soutien au retour à l’emploi avec des bénévoles formés par les Restos et qui ont une expérience professionnelle dans le domaine ; atelier microcrédit et conseil budgétaire ; initiation à l’informatique ; activité culturelle cinéma ; séjours vacances ; ateliers conversations en français pour les étrangers qui n’ont pas encore les rudiments de la langue.

Joss, Sylvie et Maryse réceptionnent et trient les denrées reçues

Joss, Sylvie et Maryse réceptionnent et trient les denrées reçues

Séverine Joubert

« Sur les 80 personnes accueillies en retour à l’emploi, la moitié a retrouvé du travail », se réjouit Michel Regneault qui peut s’appuyer sur « la compétence de bénévoles et leur connaissance de terrain » pour obtenir un tel résultat. « Attention, nous ne sommes pas des professionnels. Ce travail est fait en partenariat » avec les acteurs sociaux connus du territoire qui prennent le relais. Ce qu’offrent les Restos ? « Les personnes n’ont pas de compte à nous rendre », suppose le président. L’accompagnement se poursuit jusqu’à l’entretien parfois, des employeurs acceptant la présence du référent des Restos. C’est d’ailleurs le cas de façon très officielle avec les ADMR.

Pratique. Le centre de Saintes familles des Restos du cœur ouvre ses portes samedi 25 juin, de 10 heures à 16 h 30. Restos du cœur, 4 rue Gustave-Courbet, Les Boiffiers, 17100 Saintes. Tél. 05 46 74 46 08.