Saint-Jean-de-Luz : discours très politiques lors de l’inauguration du programme Lilitegia

Déjà à Ciboure le 4 mars, il avait averti. Dix jours après, il a usé exactement des mêmes termes : « Au lieu de montrer du doigt, de dénoncer, de critiquer, d’être dans le dogme permanent, de manifester, de vouloir instaurer des règles injustes ou de créer de nouveaux outils qui existent déjà, comme la société publique locale de l’agglomération en concurrence avec celle du Département, il faut faire. » Un leitmotiv qui, ce n’est peut-être pas un hasard, rappelle le « il y a ceux qui s’agitent et ceux qui agissent » de Jean-François Irigoyen, le 25 octobre 2021. Clairement une charge à l’intention d’une frange du paysage politique basque.

« Tous autour de la table »

Dans ce contexte, Claude Olive a apprécié l’initiative du préfet des Pyrénées-Atlantiques d’avoir récemment réuni un comité de pilotage territorial : « Nous devons tous nous mettre autour de la table pour réfléchir à des solutions réalisables. » Et faire, donc.

Comme à Saint-Jean-de-Luz où le programme Lilitegia, dans sa première tranche inaugurée mardi 15 mars, offre 40 appartements locatifs sociaux et 36 en accession sociale. La deuxième tranche, dont la livraison est envisagée pour 2024, apportera 32 logements locatifs supplémentaires, huit autres en bail réel solidaire et 58 appartements libres vendus par la société Alday « à prix maîtrisés », assure-t-on.

Le bâtiment Kukulore (au premier plan) propose 40 logements sociaux locatifs. Le bâtiment Aingerulore (au second plan) abrite 36 appartements en accession sociale.

Le bâtiment Kukulore (au premier plan) propose 40 logements sociaux locatifs. Le bâtiment Aingerulore (au second plan) abrite 36 appartements en accession sociale.

Fabien Jans

Cette phase se concrétisera après le déménagement du service hospitalier encore présent sur le site Trikaldi, vers Udazkena, où le pôle gériatrique a été étendu et modernisé pour l’accueillir. Un montage imbriquant de nombreux partenaires et illustrant selon le maire Jean-François Irigoyen, la difficulté de produire du logement à Saint-Jean-de-Luz : « Parce que le foncier y est rare et cher et que ce sont souvent des procédures administratives, juridiques et techniques complexes. Enfin parce que les règles d’urbanisme imposées par l’État sont de plus en plus strictes. »

« Le ressenti de la population »

Se félicitant d’être dans les clous des plans triennaux afin d’avancer vers l’objectif des 25 % de logements sociaux (Saint-Jean-de-Luz se situe autour des 20 % actuellement), l’édile sait combien le sujet reste sensible… politiquement : « Il y a le ressenti de la population avec, d’un côté, ceux qui voudraient que l’on construise toujours plus, compte tenu de la forte demande pour se loger, et de l’autre ceux qui s’inquiètent de l’arrivée d’une population supplémentaire. L’accès au logement, c’est une question qui doit être traitée dans sa globalité, avec sérieux et équilibre, avec des idées et sans idéologies, en préservant le tissu pavillonnaire existant, l’identité de la ville et la qualité de vie des Luziens. »

Il y a dix jours, à l’occasion de l’inauguration du programme 100 % social Harrobia, le maire de Ciboure, Eneko Aldana-Douat, ne disait pas autre chose, rappelant toutefois que l’image des logements sociaux et de leurs occupants doit aujourd’hui être restaurée. D’autant plus que, comme le rappelle à chaque discours Claude Olive, entre 75 % et 80 % de la population peut y prétendre au Pays basque.

Il n’en demeure pas moins qu’au-delà de ces réflexions qui enrichissent et font mûrir le débat autour du logement, le programme Lilitegia ressemble à une belle réussite, prenant en compte les priorités du siècle. Ceci, ils sont peu à en disconvenir aujourd’hui.

D’ici à 2024, l’hôpital cédera sa place à la deuxième tranche du programme immobilier pour 98 logements supplémentaires.

D’ici à 2024, l’hôpital cédera sa place à la deuxième tranche du programme immobilier pour 98 logements supplémentaires.

Fabien Jans