Saint-Aubin-de-Médoc : le bus express pour rallier Bordeaux officiellement lancé, avec quelques grincements

Ils sont remontés par les désagréments du chantier qu’ils subissent depuis déjà plusieurs mois, et particulièrement par des modifications de plan imprévues («probablement des ajustements » répond Pierre Hurmic) qui selon eux reviendrait à remplacer huit stationnements par des arbres, les mettant devant le fait accompli sans tenir compte des concertations préalables.


« La bagnole c’est mon boulot »

« Un arbre vous apporte de la fraîcheur, répond à la demande de riverains, et c’est un mythe de croire que la bagnole fait travailler les commerces », a bien tenté le maire de Bordeaux. Sauf que, pour Mathieu Rigon, « la bagnole c’est mon boulot ! » Il tient le garage GTR 33 et se désespère de ne plus caser les bolides de ses clients, soutenu par ses voisins de l’agence immobilière et de l’épicerie fine.

« Ils vont finir avec une ville morte, sans habitants ni commerces. Ils auront un bus et des arbres », peste-t-il. À l’issue des échanges un brin vifs, le maire a promis de revenir vers eux pour éclaircir la situation.

Travaux du bus express devant le lycée du Sud Médoc de Saint-Aubin-de-Médoc.

Travaux du bus express devant le lycée du Sud Médoc de Saint-Aubin-de-Médoc.

Fabien Cottereau/ « SUD OUEST »

Moins cher que le tram

Pas de quoi gâcher le plaisir des autres élus restés en retrait pour savourer ce « jour de fête », d’après le maire de Saint-Aubin Christophe Duprat, bien conscient néanmoins d’entrer à son tour dans une délicate période de travaux.

Au bout du chemin, les élus promettent un gain de temps aux 70 000 habitants du quadrant nord-ouest de la métropole, sur 21 km en site propre, à 50 % en voie réservée, dans un bus 100 % électrique.

Présenté comme une alternative bien moins coûteuse que le tram (156,4 millions d’euros hors taxes, en 2019), il est attendu depuis onze ans, « dont trois perdus à cause des recours ».

6 900 voitures en moins

En pratique, 42 arrêts sont prévus tous les 500 m, avec des passages toutes les 5 minutes aux heures de pointe entre Saint-Médard et Bordeaux (7 heures/9 heures et 16 h 30/18 h 30) et toutes les 10 minutes entre Saint-Aubin et Saint-Médard. « Bien sûr, il faudra poursuivre le maillage à l’intérieur des communes, pour que personne n’ait à prendre la voiture pour se rendre aux arrêts », explique Christophe Duprat.

Les estimations tablent sur 50 000 voyageurs par jour (45 % en heures creuses). Si le report de la voiture vers le bus express est bien de 18 000 déplacements (9 000 allers/retours), le projet permettrait une baisse de 14 000 trajets en voiture. Concrètement, 6 900 voitures en moins sur la route.