Routiers en grève sur la rocade à La Rochelle : « c’était un coup de semonce »

Opération escargot ce lundi matin 21 mars sur la rocade de La Rochelle. Sans heurt. Des klaxons de soutien et des pouces levés…

Opération escargot ce lundi matin 21 mars sur la rocade de La Rochelle. Sans heurt. Des klaxons de soutien et des pouces levés ont même conforté les chauffeurs routiers venus de Charente-Maritime, des Deux-Sèvres, de la Vienne, de la Vendée et même d’Indre-et-Loire dans leur décision de mener une action forte, afin de protester contre la hausse du prix des carburants.

Dans la nuit de dimanche à lundi, vers 3 h 30, une quinzaine de poids lourds se sont arrêtés le long de la Nationale 237, dans les deux sens, entre Puilboreau et Mireuil. Une dizaine d’autres se sont regroupés autour du rond-point de Lagord, sous la rocade. Toute une flotte de camions au nom de petites et moyennes entreprises, renforcée plus tard par une vingtaine de taxis.

Il faut bien le dire : les licenciements sont imminents

« Au départ, c’est nous qui avions prévu la mobilisation du 21 février, rappelle Cédric, un chauffeur à son compte venu des Deux-Sèvres. Les organisations représentatives du patronat [la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) et l’Union des entreprises de transport et logistique de France], qui devaient participer, ont appelé à lever la mobilisation après l’accord de la semaine dernière avec l’État. Ça leur convient, pas à nous. L’aide de 400 millions qui a été promise, ça donne à peine une semaine de marge. Quand je fais le plein, j’en ai pour près de 500 euros pour 800 litres de carburant. »

« Chez nous, ça représente 90 000 euros sur six mois pour 12 camions », confie un chauffeur de Pitard et Fils, une entreprise de Saint-Jean-d’Angély. « La guerre en Ukraine a fait bondir les prix, mais la hausse se fait sentir depuis plus d’un an », remarque un routier, qui « manifeste pour la première fois ». « Il faut bien le dire : les licenciements sont imminents », craint Damien Poupinot, patron de sa société dans la Vienne.

« Transporteurs en détresse. »

« Transporteurs en détresse. »

XAVIER LEOTY/SUD OUEST

« Des camions-citernes en centre-ville »

À l’heure de l’embauche, le barrage a fait son effet, visible sur plusieurs kilomètres, sur tous les axes environnants, jusqu’à Aytré au sud et sur la RN 11 après Puilboreau au nord, laissant passer au compte-gouttes les automobiles, mais pas les camions. Un seul conducteur aurait forcé le passage, au risque de renverser un routier, selon les manifestants, qui ont filmé la scène. « Des camions-citernes ont été déviés dans la nuit dans le centre-ville de La Rochelle. Les transports de matières dangereuses y sont pourtant interdits », dénonçait l’un d’eux.

L’opération escargot a fait son effet sur la rocade à l’heure d’embaucher.

L’opération escargot a fait son effet sur la rocade à l’heure d’embaucher.

XAVIER LEOTY/SUD OUEST

A la mi-journée, la préfecture assurait qu’aucune déviation de la sorte n’avait été autorisée par les forces de l’ordre. La police a, en tout cas, détourné en amont de la rocade de nombreux poids lourds, en direction de la zone commerciale de Beaulieu. « Les premiers sont là depuis un peu avant 7 heures. Il doit y avoir 50 camions. On est bloqués, sans toilettes, sans de quoi manger. On n’est pas grévistes nous ! », clamait un chauffeur, lançant un débat avec ses collègues sur le bien-fondé de ce mouvement.