Rochefort : près d’une dizaine de projets d’urbanisme contestés en justice

C’est bien ce qui pose problème à Pays Rochefortais Alert’, qui tout en gardant un œil sur l’activité de l’incinérateur d’Échillais dont le combat contre la construction fut à l’origine de la création de l’association, se mobilise pour des causes environnementales. Au nom de « la lutte contre le réchauffement climatique et la défense de la biodiversité », PRA saisit les leviers judiciaires après des demandes gracieuses en préfecture ou en mairie, restées vaines.

Dans le collimateur

La liste des neuf projets décriés.

La liste des neuf projets décriés.

Infographie Sud Ouest

Derniers exemples en date, PRA, Europe Écologie Les Verts, Capres-Aunis, Attac 17 et la Confédération paysanne ont saisi le tribunal administratif de Poitiers, le 11 avril dernier, pour attaquer « pour excès de pouvoir » un arrêté préfectoral d’octobre 2021 qui approuve le PSMV.

Dans le collimateur des requérants, le déclassement des Espaces boisés classés (EBC) du Jardin des retours autour de la Corderie et du square Parat « perçu comme trop contraignant par les élus » assurent les membres du bureau de PRA, au profit d’une appellation de jardin patrimonial « qui laisse une latitude pour intervenir, par exemple, pour augmenter les places de parking devant la Corderie », ce dont la Ville se défend.

Quelques jours plus tôt, début avril, c’est une requête contre le permis de construire accordé à l’Ehpad Les Jardins d’Iroise qui a été engagée. La structure souhaite déménager du boulevard Pouzet pour bâtir un Ehpad de 59 lits et une résidence seniors de 19 lits dans le quartier Le Bois et la Forêt, sur le site de Basse-Terre entre l’autoroute A837 et l’avenue Bernadotte, « dans une zone humide naturelle et boisée », selon PRA.

En appel à Bordeaux

Début mars, le collectif Rochefort Vivant (2) a déposé un appel devant la cour administrative d’appel de Bordeaux contre la décision rendue en première instance à Poitiers au début de l’année : si « les bétonnages des Chemins Blancs et de Béligon sont retoqués », les requérants veulent aller plus loin. Dans leur ligne de mire figurent cinq autres OAP (autorisation d’aménagement et de programmation) qui expriment la stratégie de la Ville en termes de futurs aménagements. Au total, ce sont la moitié de ces zones de développement planifié qui sont remises en question.

Enfin, le projet d’aménagement de la première tranche du lotissement Bel Air (48 lots et 20 logements sociaux sur les 200 logements attendus au total) porté par la société Acanthe à la Casse aux Prêtres doit aussi être jugé au cours des prochains mois à Poitiers.

(1) Ce PSMV s’applique au secteur sauvegardé créé en 2009 sur 137 hectares, c’est-à-dire le plan en damier du centre-ville élargi à l’arsenal actuel complété des anciens glacis des remparts et de l’hôpital de la marine.

(2) Dont font partie PRA, Zero Waste Pays rochefortais et le groupe local d’EELV (Europe Écologie-Les Verts)