Rochefort : Libé devra encore attendre pour la reconstruction des 43 maisons murées

Cette affaire a joué de malchance. Les 44…

Cette affaire a joué de malchance. Les 44 autres maisons de Libé 1 sont démolies après Xynthia pour avoir été sinistrées. Pour les remplacer, en 2013 et 2014, RHO livre 44 nouveaux logements au Pont-Neuf, un peu plus loin en zone non inondable. « Xynthia a précipité ce chantier », commente Véronique Pavageau. Mais il reste toujours les 43 autres maisons, datant de 1979 et amiantées comme les autres. Elles n’ont pas « la chance » d’avoir été inondées…

Les logements de Pont-Neuf sont des bâtiments à basse consommation et à ossature bois.

Les logements de Pont-Neuf sont des bâtiments à basse consommation et à ossature bois.

ROCHEFORT HABITAT OCÉAN

Péripéties

Comme leur réhabilitation est plus chère que leur reconstruction, on sait qu’elles seront rasées. Mais quand ? Une maison, ce ne sont pas que des murs, ce sont surtout des vies. Alors, il faut d’abord convaincre les locataires de partir, avant de les reloger dans le parc HLM. Pas une mince affaire. Tant et si bien que les deux derniers relogements datent de 2020 et 2021.

En attendant RHO planche. Dès 2016, une étude de faisabilité sort. « Elle démontrait qu’on pouvait construire quelque chose de bien », dit la directrice générale. Mais au même moment, le quartier passe de zone prioritaire à zone de veille pour la politique de la Ville. Ce qui entraîne de nouveaux critères : impossible de démolir pour reconstruire dans un quartier en veille ; et le seuil de logements sociaux à ne pas dépasser dans un même quartier est de 35 %. Or Libé est à 55 %.

Patatras. L’office et l’Agglo demandent la levée du dispositif de veille et ça marche. « Cela ne veut pas dire qu’on ne s’occupe plus du quartier, au contraire », insiste la présidente de RHO, Florence Alluaume. En décembre 2019, RHO dépose un dossier de demande d’intention de démolir. Après avis favorable de la Ville, le préfet autorise la démolition et la reconstruction en mai 2020. Le dossier à 8,5 millions d’euros est ficelé grâce aux fonds propres et à un prêt de l’office et des subventions de l’Agglo, du Département et de l’État.

Telle est la projection de ce que voulait faire l’office de HLM au départ pour la reconstruction de Libé 1.

Telle est la projection de ce que voulait faire l’office de HLM au départ pour la reconstruction de Libé 1.

SÉBASTIEN PELLEREAU ARCHITECTE

L’office opte pour la qualité et met le paquet sur le bioclimatique et biosourcé. Mais les devis sont trop chers : 11 millions. « On sortait du Covid, les prix des matériaux commençaient à flamber, le bâtiment avait un surcroît d’activité et une pénurie de main-d’œuvre », raconte Florence Alluaume. Pas de pot à nouveau. En décembre 2021, on rebat les cartes une fois de plus.

L’office étudie un nouveau programme. « On a dû baisser la voilure », regrette Véronique Pavageau. Voilà pourquoi en février 2022, RHO décide la démolition et le désamiantage au plus tôt, mais sans parler de reconstruction. Le maître d’œuvre sera retenu en mai prochain et les entreprises en septembre. « Si tout va bien, on démolira au premier semestre 2023. En espérant que les prix ne flambent pas encore… », s’inquiète un peu Véronique Pavageau.

Un mal pour un bien

Si elle n’est pas abandonnée, la reconstruction n’est pas pour tout de suite. D’autant que depuis deux ans, la Ville et l’Agglo ont lancé une étude sur l’avenir du quartier Libération afin de mieux le rattacher au centre-ville et de le rendre plus attractif. « Dans ce cadre, la Ville va financer une étude spécifique, coréalisée avec l’office, pour travailler sur la reconstruction. Autant prendre le temps pour avoir une vision globale plutôt que de rebâtir tout de suite. Ce sera plus long, mais plus cohérent », annonce Véronique Pavageau.

Vue aérienne du quartier Libération. Les maisons à démolir se situent derrière l’école, en haut à droite sur le cliché.

Vue aérienne du quartier Libération. Les maisons à démolir se situent derrière l’école, en haut à droite sur le cliché.

ROCHEFORT HABITAT OCÉAN

Un mal pour un bien. Dans son projet, l’office tiendra compte de l’aménagement paysager et des liaisons douces. Il travaillera sur les fonctionnalités du quartier pour y attirer du tertiaire et des commerces. Mais il densifiera plus que prévu, avec des pavillons et des petits collectifs en R + 1 ou R + 2, afin de rentabiliser les coûts. « On ne lâche rien », insiste Véronique Pavageau sans pouvoir donner de date de la reconstruction. Aujourd’hui, Libé, quartier verdoyant près des axes routiers et de la Charente, devient de plus en plus attractif. Il aura attendu assez longtemps pour mériter le meilleur.