Rochefort : le moulin Hubert déploie ses ailes pour devenir un jour réalité

Bientôt la demande de permis

Les choses avancent quand même du côté du moulin. Depuis le choix du groupement constructeur – l’entreprise Asselin (1) – en février 2020, le devis pour l’étude du permis de construire a été signé en avril 2021. Et la demande devrait être déposée à la fin de cette année 2022. « Nous voulions auparavant l’accord des collectivités locales et l’Agglo s’est engagée pour une subvention de 20 000 euros. De façon très encourageante puisque le projet s’intègre dans le Grand site, contribue au développement touristique et sera utile pour racler la Charente », explique le président Pierre Gras. Pour l’heure, c’est le seul engagement financier.

Le moulin originel, du temps où il était en fonction en 1866.

Le moulin originel, du temps où il était en fonction en 1866.

Service historique de la Défense

En novembre 2021, Frédéric Didier, architecte des Monuments historiques, a présenté le projet pour concrétiser un peu l’affaire. Et l’esquisse a été approuvée. Désormais, l’entreprise Asselin devrait terminer l’avant-projet sommaire ces jours-ci. Avant de se pencher sur l’avant-projet détaillé ce printemps. Coût : 200 000 euros.

“L’association, avec les seules cotisations des adhérents, n’a pas les moyens de payer ces études”

Pierre Gras est conscient que « l’association, avec les seules cotisations des adhérents, n’a pas les moyens de payer ces études ». Voilà pourquoi il veut solliciter les services de l’État et d’autres collectivités. « Nous sommes en train d’organiser un rendez-vous avec le sous-préfet, pour réunir tout le monde. Car si nous avons des soutiens et des engagements au niveau local, ce sera mieux. » Mieux pour trouver des dons (2) et convaincre des mécènes. « Tout est prêt à partir, même si on sait qu’à la toute fin, c’est la commission des sites qui donnera son avis (ou pas). »

L’arme de la communication

En attendant, l’association a donc pris la décision, en réunion vendredi 25 mars, de se concentrer dès maintenant sur le bateau racleur. D’abord parce que, comparé au coût du moulin estimé à environ 5 millions d’euros, il ne coûterait que 300 000 euros à la louche. Ensuite parce que les autorisations sont forcément moins lourdes que pour un édifice en dur, tel que le moulin. Et puis, une fois construit, le bateau remplirait une fonction utile : celle de dévaser la Charente devant les formes de radoub. Serait-ce aussi une façon de rendre le moulin indispensable avec un bateau qui serait déjà en faction et en fonction ?

Car malgré ces avancées, on en est toujours aux études et l’argent est loin d’être réuni. Le principal travail de l’association est de communiquer. On l’a vu dans l’enquête publique du Plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV), avec un nombre conséquent d’habitants, souvent adhérents à l’Amar, venus évoquer le moulin. Comme pour faire du lobbying même si ce n’était pas tout à fait le sujet. Pour mieux communiquer, les élèves du BTS communication du lycée Merleau-Ponty réaliseront aussi des livrets sur le moulin à destination des scolaires ainsi qu’une mallette pédagogique. Toujours pour tisser sa toile, l’Amar vient de faire entrer dans son conseil d’administration Frédérique Tuffnell, actuelle députée. Non candidate à sa succession en juin, elle aura quand même tissé des liens à Paris qui pourront être utiles pour défendre le projet.

L’association y croit, planche, fait des études, des réunions, travaille mais, pour l’heure, les partenaires ne se bousculent pas. Il faut dire qu’avec le gouffre qu’est « L’Hermione », ils se méfient peut-être. D’autant que le projet se bâtit sur le même modèle et avec le même cercle. Même si de fait, le moulin Hubert serait un superbe projet pour le tourisme à Rochefort.

(1) La même que celle qui a été retenue pour « L’Hermione ».
(2) Une première campagne de dons a eu lieu qui a remporté 22 000 euros. Une deuxième est lancée sur www.moulin-arsenal.fr