Rochefort : le conseil des sages espère ne pas plancher pour rien

Un conseil des sages ne fonctionne bien que si le maire est porteur de la structure et des exigences qui pèsent dessus.

Hervé Valérian Bessac le disait tout de go : « Notre conseil est une instance de démocratie participative qui mène un travail coopératif. Nous voulons une feuille de route et un phasage pour éviter de travailler pour rien. Un conseil des sages ne fonctionne bien que si le maire est porteur de la structure et des exigences qui pèsent dessus. » Et de vouloir se rapprocher des conseils des sages de l’Agglo à Échillais, Saint-Laurent et Soubise, pour mieux intervenir à l’échelle du territoire.

Tourisme généalogique

La commission sociale a déjà lancé le prix des jeunes méritants, mais mène deux autres projets. D’abord, elle cherche à lancer des projets intergénérationnels, en lien avec le CCAS et l’Aapiq. Elle voudrait aussi créer de nouvelles aires de jeux, notamment pour des enfants en situation de handicap.

Voilà la vue actuelle de l’extrémité aveugle de la rue Audry-de-Puyravault et la vue projetée une fois ouverte.

Voilà la vue actuelle de l’extrémité aveugle de la rue Audry-de-Puyravault et la vue projetée une fois ouverte.

CONSEIL DES SAGES DE ROCHEFORT

La commission tourisme et culture a trois casseroles au feu. D’abord, elle voudrait susciter la création d’une association « L’outil en main ». Ce concept, né en 1987, a pour but d’initier les enfants aux métiers manuels, par des bénévoles, artisans ou ouvriers qualifiés retraités, avec de vrais outils au sein de vrais ateliers. Une pratique intergénérationnelle qui permet aux anciens de transmettre, et aux jeunes de trouver peut-être une vocation. L’autre dossier consisterait à éditer un guide sur Rochefort « car l’offre papier pour les visiteurs est pléthorique. Ce serait un guide des guides ». À voir avec le service communication et l’office de tourisme. Enfin, le conseil des sages voudrait intégrer Rochefort aux parcours de tourisme généalogique pour les Québécois qui viennent retrouver leurs racines dans le département. À voir avec l’office de tourisme et les villes de La Rochelle et Brouage.

La commission architecture et patrimoine s’inquiète du schéma directeur de la gare au stade rouge qui va être présenté en réunion publique (1). « On reste dans l’image des villes bitumées, on se demande si on pourra apporter notre réflexion après cette rencontre. » Elle s’est attachée aussi à la fontaine Saint-Charles, emmurée au bout de la rue Audry-de-Puyravault qui se termine en impasse (côté Corderie). « Derrière cette fontaine, il y a une scène avec la Charente et la fontaine de l’amiral, nous voudrions ouvrir. » Hervé Blanché, d’accord sur le principe, a fait chiffrer les travaux : 600 000 euros. « Il y a d’autres priorités », tranche-t-il.

Centrale à hydrogène vert

La commission plaques commémoratives a bien avancé dans son inventaire de toutes les plaques existantes dans la ville et 132 fiches descriptives sont désormais en ligne sur le site internet de Rochefort depuis 2020. Maintenant, elle aimerait voir un guide édité. Peut-être que la Ville pourrait s’en charger.

Cette plaque en mémoire des déportés de la Commune de Paris a été apposé sur les murs de l’ancienne prison Saint-Maurice voilà quelques années.

Cette plaque en mémoire des déportés de la Commune de Paris a été apposé sur les murs de l’ancienne prison Saint-Maurice voilà quelques années.

KHARINNE CHAROV

Enfin, la commission économie et développement s’est intéressée à la transition énergétique sur les trente prochaines années. Elle est en contact avec le lycée Dassault pour étudier la possibilité de formations porteuses de nouveaux métiers. Elle a planché aussi sur la création d’une centrale photovoltaïque qui couvrirait 10 % de la consommation d’électricité de la ville. Et aussi sur la création d’une centrale de production d’hydrogène vert qui pourrait servir aux industriels et aux bus « afin d’éviter de rejeter du gaz carbonique. » Plusieurs avantages : attirer des jeunes dans cette nouvelle filière ; taxe pour la ville ; se protéger des aléas du prix du pétrole ; retarder la montée des eaux et assainir l’air ; susciter la curiosité des touristes un peu comme avec la station de lagunage.

Le conseil des sages a envisagé le projet à l’ancienne décharge de Tout-Vent, près de l’hôpital. « Hélas, avec la loi littoral, ce n’est pas possible de construire en discontinuité d’urbanisation. C’est très dommage parce que votre idée est vertueuse. C’est râlant car la décharge ne sert plus à rien, mais je ne désespère pas », explique le maire.

Même si elles ne se concrétisent pas tout de suite, les idées instillent. « Tous les rapports servent à quelque chose » a rappelé le maire. Les sages se le tiennent pour dit.