Rochefort : la Ville s’attaque à la vacance immobilière à bras-le-corps

La résidence « Les terrasses de l’Hermione », avenue Wilson, a fait disparaître une friche urbaine, l’ancienne salle de jeux, Le Fair-Play.

La résidence « Les terrasses de l’Hermione », avenue Wilson, a fait disparaître une friche urbaine, l’ancienne salle de jeux, Le Fair-Play.

K. C.

Ne pas s’étaler

Les tendances se sont inversées. Les…

La résidence « Les terrasses de l’Hermione », avenue Wilson, a fait disparaître une friche urbaine, l’ancienne salle de jeux, Le Fair-Play.

La résidence « Les terrasses de l’Hermione », avenue Wilson, a fait disparaître une friche urbaine, l’ancienne salle de jeux, Le Fair-Play.

K. C.

Ne pas s’étaler

Les tendances se sont inversées. Les biens s’arrachent, les prix de l’immobilier augmentent. Pourtant, la vacance reste un problème. Avec une Ville qui manque encore de logements sociaux (1) et qui souhaite toujours attirer du monde, et des nouvelles règles d’urbanisme qui contraignent de plus en plus l’étalement urbain, la solution, c’est de reconquérir les logements inoccupés. Et même de construire en fond de parcelle. La Ville avait bien tenté le coup, mais début 2022, son Plan local d’urbanisme a été retoqué par le tribunal administratif parce qu’il comptait trop artificialiser les terres au profit de programmes immobiliers.

Pour combattre la vacance, la Ville s’est dotée de nouveaux dispositifs. D’une part, elle a été retenue dès 2018, au plan national « Action Cœur de ville ». Il vise à redynamiser les centres des communes moyennes, en réhabilitant les logements vacants notamment. D’autre part, depuis mi-2019, l’Agglomération jouit d’une opération programmée d’amélioration de l’habitat de renouvellement urbain (Opah-RU). Elle subventionne les propriétaires dans leurs travaux de modernisation.

La résidence seniors « Les Girandières » sur le rond-point Bégon a fait disparaître la verrue des anciens établissements Expert à l’entrée de la ville.

La résidence seniors « Les Girandières » sur le rond-point Bégon a fait disparaître la verrue des anciens établissements Expert à l’entrée de la ville.

K. C.

On a un noyau dur d’une centaine de logements vacants dont 25 réellement vides à Rochefort

Et puis, tant à la mairie qu’à l’Agglo, deux fonctionnaires s’attaquent à la vacance d’arrache-pied. Mais la méthode n’est pas si évidente. « Nous avons un problème de connaissance. Les données de l’Insee et des impôts diffèrent. Il y a les biens en attente d’une succession qui pourraient être loués ou vendus ; d’autres qui pourraient être loués plus longuement dans l’année ; d’autres abandonnés ; et les étages au-dessus des commerces », annonce Claudie Gelé, chargée de projet « Action cœur de ville » à la mairie.

Mais surtout, on touche au domaine privé et les propriétaires ne veulent pas toujours se justifier sur la vacance. Soliha, l’opérateur de l’OPAH-RU, a beau leur écrire, tous ne donnent pas suite. Ceux qui répondent doivent accepter la visite. Puis Soliha essaie de les persuader de lancer des travaux grâce aux subsides de l’Opah-RU.

Expulsion possible

Alors pour évaluer, c’est compliqué. « On a un noyau dur d’une centaine de logements vacants, dont 25 réellement vides à Rochefort », poursuit Claudie Gelé. Virginie Guyon, responsable du service aménagement et habitat à l’Agglo, complète. « C’est plus difficile à savoir dans les villes, entre la protection des données et l’absence de visibilité en fond de cour. On peut mieux vérifier dans les petites communes. »

« Avec les aides de Opah-RU, ajoutées à celles de l’Agglo et de communes dont Rochefort, la vacance a tendance à se résorber. Dans un marché tendu, les logements vacants trouvent preneurs. Certains achètent même du vacant pour démolir et reconstruire car le foncier devient cher. Comparée à une agglo similaire comme Saintes, Rochefort a moins de vacance. Ici, la troisième accession marche avec des jeunes retraités attirés par la mer », informe Virginie Guyon consciente qu’« on ne résorbera pas tout ».

Le Magasin aux vivres, comme l’ancien hôtel « Le Paris » ou l’ancienne école Colbert sont des exemples de reconquête urbaine à Rochefort.

Le Magasin aux vivres, comme l’ancien hôtel « Le Paris » ou l’ancienne école Colbert sont des exemples de reconquête urbaine à Rochefort.

David Briand

Pour se donner le maximum de chance, quand la négociation et la conviction n’ont pas abouti, la municipalité de Rochefort s’engage vers une procédure plus coercitive. Mi-décembre, le conseil municipal a voté le lancement d’une opération de restauration immobilière (ORI). Cet outil méconnu permet à la puissance publique de prescrire aux propriétaires, la réalisation de travaux précis et préalablement définis sous peine d’expropriation pour cause d’utilité publique.

(1) Avec la loi Solidarité et Renouvellement Urbain, Rochefort doit avoir 25 % de logements sociaux dans le parc locatif global. Il en manque 2,5 %.