Rocade de Bordeaux : la fin des travaux sur un tronçon au plus fort de la canicule

Un gage présumé de fluidité du trafic dont les automobilistes devraient sentir les doux effets lundi matin, sur une rocade…

Un gage présumé de fluidité du trafic dont les automobilistes devraient sentir les doux effets lundi matin, sur une rocade habituellement congestionnée aux heures de pointe. Peut-être auront-ils une aimable pensée pour ces ouvriers contraints de travailler dans la fournaise, au plus fort de la canicule. 42 °C au thermomètre, mais probablement, estime un connaisseur, « 50 °C » au ras du bitume, dont les effluves trahissent le séchage en cours. Et encore, dans le sillage des imposants finisseurs, ces engins qui avancent de concert sur toute la largeur de la chaussée et appliquent l’enrobé, la température a grimpé à « 78 °C ». « C’était marqué sur la machine… »

Dans les vapeurs de bitume, les ultimes tours des finisseurs, ces engins qui appliquent l’enrobé, ce samedi, peu après 15 heures, sous les yeux des automobilistes empruntant le sens intérieur.

Dans les vapeurs de bitume, les ultimes tours des finisseurs, ces engins qui appliquent l’enrobé, ce samedi, peu après 15 heures, sous les yeux des automobilistes empruntant le sens intérieur.

Thierry David / « SUD OUEST »

Les rouleaux à l’œuvre sur la dernière couche de bitume tout juste appliquée.

Les rouleaux à l’œuvre sur la dernière couche de bitume tout juste appliquée.

Thierry David / « SUD OUEST »

3 200 tonnes de bitume

Au moins pourra-t-on se consoler avec un petit vent continu à défaut d’être frais et « de l’ombre quand on peut s’y mettre », sous les arbres qui bordent la route. Question bête : ne pouvait-on pas avancer ou décaler ces travaux ? « Les coupures de week-end sont très compliquées à organiser. Ces dates-là, on en parle depuis juillet 2021 », explique Jacques Coutin, responsable du service ingénierie routière à la Direction interdépartementale des routes atlantique (Dira), le maître d’œuvre. Elles sont notamment fonction des événements programmés dans l’agglomération : impossible de faire coïncider des travaux nécessitant la coupure de la rocade et des concerts massifs au stade Matmut Atlantique, où se produira Soprano, samedi 25 juin.

La « ligne d’arrivée » du tronçon, achevé vers 15 heures, près de l’échangeur de Magudas. Reste à assurer « le joint » avec la chaussée, à coups de pelles et de râteaux.

La « ligne d’arrivée » du tronçon, achevé vers 15 heures, près de l’échangeur de Magudas. Reste à assurer « le joint » avec la chaussée, à coups de pelles et de râteaux.

Thierry David / « SUD OUEST »

Jointage au-dessus des câbles qui assurent le comptage du trafic, poids lourd comme véhicule léger, sur la rocade.

Jointage au-dessus des câbles qui assurent le comptage du trafic, poids lourd comme véhicule léger, sur la rocade.

Thierry David / « SUD OUEST »

À hauteur de l’avenue de Magudas, à Mérignac.

À hauteur de l’avenue de Magudas, à Mérignac.

Thierry David / « SUD OUEST »

Restait donc à « optimiser » une opération qui n’est autre qu’un vaste jeu de construction impliquant une dizaine d’entreprises et 130 personnes. Quelque 3 200 tonnes de bitume sont requises pour cette toute dernière couche, d’une épaisseur de 2,5 centimètres, à appliquer en une douzaine d’heures. D’ordinaire engagés à 7 heures, les travaux l’ont été peu après 5 heures, alimentés par la noria de camions qui a enchaîné toute la journée les allers-retours avec la centrale de bitume de Mérignac. « Sur un chantier comme ça, quoi qu’il arrive, même si on commence tôt, on n’a pas le choix, on avance dans la journée », raisonne un ouvrier. Sur place, à la fourniture de serviettes rafraîchissantes, de casquettes protège-nuque, s’ajoutait le renfort d’un « fourgon-frigo » achalandé en packs d’eau.

Fierté

Pas de malaise à déplorer sur la chaussée brûlante : « Tout s’est très bien passé », assure un chef d’exploitation, qui a tenu le rôle de porteur d’eau. Le chantier, avant nettoyage, s’est d’ailleurs achevé vers 15 heures, une à deux heures plus tôt qu’espéré. L’absence de défaillances mécaniques, pas rare sur ce type de chantier, y aura contribué. Et si les visages sont marqués, les uns et les autres affichent une certaine fierté : « C’est la rocade, et c’est un peu le chantier de l’année », souligne Kévin. « C’était nickel. Quand il y a de la volonté, ça passe », abonde Brandon, conducteur d’un des finisseurs, prêt à reprendre la route pour Royan. Pour Anthony, ce sera « piscine » et « repos ce dimanche ».

Au-delà de la pose d’enrobé, c’est tout un ballet de corps de métiers qui s’active ici, présente Mélanie Gilles, chef de projet à la Dira. Marquage au sol, mise en service des « boucles de comptage » qui alimentent la Dira en données réelles sur le trafic de la rocade ou encore, les premiers contrôleurs, affairés à mesurer le profil topographique de la chaussée avant validation. D’autres suivront dimanche après-midi, ultime étape avant la réouverture des voies.

Un ouvrier affairé au marquage des futures lignes, ici « à la corde », à la sortie d’une bretelle.

Un ouvrier affairé au marquage des futures lignes, ici « à la corde », à la sortie d’une bretelle.

Thierry David / « SUD OUEST »

Du bitume arrosé pour accélérer le séchage ? Pas du tout, un simple mirage sur la rocade par 42 °C à l’ombre…

Du bitume arrosé pour accélérer le séchage ? Pas du tout, un simple mirage sur la rocade par 42 °C à l’ombre…

Thierry David / « SUD OUEST »