Rêve d’Icare à Royan : le BIA, ce « diplôme magique » qui ouvre la voie des airs

Depuis cette rencontre, elle n’a de cesse d’en vanter les mérites, en tant qu’administratrice de l’association Aéronautique en milieu scolaire en Nouvelle-Aquitaine, et de former elle-même de jeunes candidats, à l’aéroclub Marcillac Estuaire, en Gironde. Sur un plan pédagogique, ce brevet permet notamment à l’élève de percevoir l’utilité de ce qu’il apprend en cours en mobilisant des notions de français, de physique, de chimie, de mathématiques, d’anglais, de géographie, d’éducation physique, même.

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Chaque année, dans l’ex-Poitou-Charentes, 450 jeunes – ou moins jeunes – se lancent dans les 40 à 50 heures d’ateliers menant à l’examen final. Le programme est dense. Sans les survoler, les candidats abordent l’histoire et la culture de l’aéronautique et du spatial, les principes de vol, la connaissance des aéronefs et des engins spatiaux, la météorologie et l’aérologie, la navigation, la réglementation.

Un ambassadeur spatial

« Aucun critère d’âge n’est plus fixé, depuis 2015, pour passer le BIA. Tout dépend de la maturité de l’enfant », assure Marie-Christine Roy-Contancin. Idéalement, la formation trouve sa cible à partir du collège. Et dans certains établissements, les ateliers du BIA y sont directement organisés. Marie-Christine Roy-Contancin se lamente toutefois de ne pas rencontrer davantage de principaux ou de proviseurs volontaristes. Qu’à cela ne tienne, les bénévoles formés à l’enseignement du BIA se relaient, dans les aéroclubs de la région, pour offrir ce passeport toujours utile à celle ou celui qui le décroche.

Forcément, le plus célèbre titulaire du BIA fait rêver, par son parcours. Le spationaute Thomas Pesquet a d’ailleurs été le parrain des 50 ans du brevet d’initiation aéronautique, en 2018. « Il le dit souvent lui-même, c’est le BIA qui l’a amené vers la voie qu’il a suivie ensuite », assure Marie-Christine Roy-Contancin. Sans pousser jusqu’à l’ultime, les candidats au BIA se voient ouvrir une large porte vers un domaine porteur, actuellement pourvoyeur d’emplois. D’où la présence d’un stand dédié au BIA sous le grand chapiteau du 22Rêve d’Icare. Des débouchés dans des domaines multiples.

« Par passion »

Une moitié au moins des titulaires du diplôme, estime Marie-Christine Roy-Contancin, poursuivent ensuite leur chemin dans l’aéronautique, à titre professionnel ou parfois seulement « par passion », comme c’est le cas de Julian, 19 ans, aujourd’hui étudiant en histoire à Talence. Lui a obtenu son BIA lorsqu’il était en 3e, avec un projet, à l’époque. « J’ai failli entrer dans l’armée de l’air, mais ça ne s’est pas fait, à cause du Covid. »

Ça a donné envie à ma petite sœur. Elle a passé son BIA et elle apprend à piloter

Julian a fait un virage sur l’aile pour se rabattre sur l’histoire, mais sa passion l’a amené jeudi au Rêve d’Icare. Avec sa petite amie, Anaïs, qu’il a rencontrée… pendant la formation au BIA. L’étudiante en langues n’a pas non plus poussé plus avant dans l’aéronautique, « mais j’ai appris énormément de choses, la formation est très complète. D’ailleurs, ça a donné envie à ma petite sœur Jordan, qui a 15 ans. Elle a passé son BIA et elle apprend à piloter, même ! » Marie-Christine Roy-Contancin ne pouvait rêver meilleurs avocats que ses anciens élèves pour vanter le « diplôme magique » auquel elle voudrait amener toujours plus de jeunes.