Réfugiés ukrainiens : un guichet unique tous les après-midi en préfecture en Gironde

1 Autorisation provisoire de séjour

En théorie, tout Ukrainien arrivé sur le sol français avec un passeport à « un droit au séjour de 90 jours » comme un touriste. Sauf à dire qu’il ne vient pas pour visiter mais bien pour fuir la guerre qui se joue sur son sol. Il doit envisager un séjour qui…

1 Autorisation provisoire de séjour

En théorie, tout Ukrainien arrivé sur le sol français avec un passeport à « un droit au séjour de 90 jours » comme un touriste. Sauf à dire qu’il ne vient pas pour visiter mais bien pour fuir la guerre qui se joue sur son sol. Il doit envisager un séjour qui va durer… un peu. « Nous invitons les réfugiés qui arrivent à faire une démarche en ligne sur le site de la préfecture, pour une demande d’autorisation temporaire de séjour, accessible en français et en anglais et accompagnée d’une note explicative également traduite dans leur langue. S’ils n’ont pas d’outils numériques à leur disposition, un point d’accès numérique, animé par des services civiques, est proposé en préfecture », souligne Marc Douchin, directeur régional des migrations et de l’intégration. Huit jours plus tard, l’intéressé reçoit la validation de sa demande et un rendez-vous en préfecture lui est proposé pour venir prendre possession de son autorisation provisoire de séjour, valable six mois, renouvelable. Un sésame pour travailler sur le sol français et bénéficier de la couverture de l’assurance-maladie.

Une cinquantaine de réfugiés ukrainiens vient chaque après-midi en préfecture à ce guichet unique qui leur est réservé.

Une cinquantaine de réfugiés ukrainiens vient chaque après-midi en préfecture à ce guichet unique qui leur est réservé.

Fabien Cottereau/ « SUD OUEST »

Le jour du rendez-vous, le ressortissant ukrainien se voit remettre ce papier avant de recevoir, de la part de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), une carte de paiement sur laquelle est versée mensuellement l’allocation pour demandeur d’asile. Soit 300 euros par adulte et entre 700 et 900 euros pour une famille avec deux enfants. On notera qu’une interprète ukrainienne est présente sur place pour accueillir ce public.

2 Hébergements d’urgence et citoyens

S’agissant des hébergements, la préfecture a confié aux mairies le soin de recenser les propositions citoyennes, assurant ainsi un premier filtre sur le sérieux et la cohérence de celles-ci. Une fois vérifiées, les offres sont transférées aux services de l’État, qui les catégorisent en fonction de différents critères : nombre de personnes possiblement accueillies, nombre d’enfants, animaux acceptés ou non, etc. Une fois ces informations entrées sur une plateforme unique, c’est l’association France Horizon, qui va se charger de mettre en relation hébergés et hébergeurs. On notera également que sont prévus, en amont, des « hubs », autrement dit des hébergements d’urgence collectifs de capacité de 200 personnes, pour des séjours de 48 à 72 heures, en cas d’arrivée massive de réfugiés. Il y en a notamment un à Mérignac à côté de l’aéroport. Enfin, les départements ont été mis à contribution pour déterminer deux à trois « sas » pour héberger un maximum de 50 personnes pendant une huitaine de jours, le temps de trouver une offre d’hébergement citoyen qui corresponde au mieux aux besoins de chaque famille réfugiée.

Parmi les réfugiés, une majorité de femmes avec leurs enfants et de retraités.

Parmi les réfugiés, une majorité de femmes avec leurs enfants et de retraités.

Fabien Cottereau/ « SUD OUEST »

3 Premier aiguillage de Pôle emploi

Depuis fin mars, deux agents de Pôle emploi sont présents en préfecture au guichet unique. « 30 % des réfugiés ukrainiens qui viennent ici pour leurs démarches manifestent le souhait de travailler, souligne Brieg Denoual, directeur adjoint de Pôle emploi Bordeaux-Mériadeck. Nous allons évaluer s’il faut ajuster à ce souhait des cours de français. Car il y a certains emplois qui ne nécessitent pas forcément de maîtriser notre langue. C’est le cas des secteurs en tension qui proposent du travail comme l’agriculture et la viticulture, le BTP ou encore les missions d’entretien dans l’hôtellerie. » Entre 15 et 20 personnes s’arrêtent au bureau tous les jours. On remplit un questionnaire (accessible en ukrainien) sur sa situation et ses diplômes. « Nous avons affaire globalement à des gens très qualifiés et qui ont de fortes compétences dans le numérique. » Ce point Pôle emploi à la préfecture est un premier contact. Le ressortissant ukrainien qui aura rempli le questionnaire, sera contacté par mail pour un rendez-vous dans l’agence dont il dépend au regard de son lieu d’hébergement. « Là, l’entretien sera plus approfondi… avec interprète. »