Publicité : il va falloir prouver la neutralité carbone des produits

Les pourfendeurs des anglicismes vont encore pester. Mais la vogue du terme « greenwashing »– l’écoblanchiment – ne tient pas du hasard. Il résume de manière imagée la pratique qui consiste à se prétendre à la pointe de l’excellence écologique sans élément concret à l’appui. Et il fait référence à une épidémie qui gagne les…

Les pourfendeurs des anglicismes vont encore pester. Mais la vogue du terme « greenwashing » – l’écoblanchiment – ne tient pas du hasard. Il résume de manière imagée la pratique qui consiste à se prétendre à la pointe de l’excellence écologique sans élément concret à l’appui. Et il fait référence à une épidémie qui gagne les moindres recoins de la société de consommation. Tout ou presque serait « vert », désormais, des robots ménagers aux voitures en passant par les lessives.

La réalité est d’évidence moins… verte. C’est ce que rappelle un décret, publié le 14 avril, qui institue des limites à compter du 1er janvier prochain. Tout annonceur qui emploiera des expressions telles que « neutre en carbone », « zéro carbone », « climatiquement neutre », « 100 % compensé » devra démontrer la véracité de l’assertion. Un lien ou un QR code renverra le consommateur vers le site internet du fabricant où seront détaillées les émissions de gaz à effet de serre du produit, de l’amont de sa production jusqu’à son élimination ou son recyclage.

2 Après la Convention citoyenne pour le climat

Cette disposition résulte de la loi « Climat et résilience », promulguée au mois d’août dernier. Le texte adapte, plus qu’il ne reprend, les travaux de la Convention citoyenne pour le climat, l’instance mise en place par Emmanuel Macron suite à l’échec de la taxe carbone. Présenté en juin 2020, le rapport des 150 conventionnaires s’attachait à réguler la publicité et la consommation. Il prônait un affichage environnemental aisément compréhensible des produits, sur le modèle du Nutri-Score appliqué pour évaluer la qualité nutritionnelle des aliments.

Le décret n’épouse pas cette exigence. Il tient de la bouteille à moitié pleine ou à moitié vide, c’est selon. À preuve la réaction de l’association de défense des consommateurs CLCV, qui dénonce son « manque d’ambition ». La Convention citoyenne avait elle-même exprimé sa déception devant la traduction législative de ses propositions sur la publicité en lui attribuant un 2,6/10, la note des cancres.

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3 La prime à l’engagement volontaire

Ce sujet se situe au cœur du débat de l’entre-deux-tours sur l’évaluation du bilan gouvernemental sur l’environnement. La ministre Barbara Pompili s’est, à plusieurs reprises, targuée des avancées concrètes du quinquennat. À l’inverse, les observateurs relèvent que, sur la régulation de la publicité, les députés LREM ont brocardé les propositions de la Convention citoyenne lors des (longs) travaux de la commission parlementaire ad hoc qui a précédé l’examen du projet de loi dans l’Hémicycle.