Premier bilan après la grêle : environ 10 000 hectares de cultures touchées en Gironde

Les recensements des pertes sont encore en cours, mais la chambre d’agriculture de Gironde estime à potentiellement 10 000 hectares la surface…

Les recensements des pertes sont encore en cours, mais la chambre d’agriculture de Gironde estime à potentiellement 10 000 hectares la surface de cultures touchées par l’épisode de grêle du 20 juin. Environ 5 000 hectares dans le Médoc et Bassin, 2 000 à 3 000 dans le Blayais et autour de Coutras. « Beaucoup de vignes mais aussi des grandes cultures (blé, maïs, tournesol…), des arboriculteurs, des horticulteurs et des maraîchers », liste le président Jean-Louis Dubourg.

25 000 euros de perte par hectare en moyenne

En moyenne, les pertes seraient de 25 000 euros par hectare. Les zones les plus impactées sont autour de Lanton, Macau et Coutras. Des pépinières y ont tout perdu. Certaines cultures en plein champ ont été ravagées jusqu’à 100 %.

L’essentiel des maraîchers déplore des dégâts notamment matériels. « Une cinquantaine a déjà signalé des bâches percées, des serres cassées » , énumère Alexis Naullet, conseiller technique en maraîchage de la Chambre. « Dans les champs, il n’y a plus de courges, de courgettes, de choux, de tomates parfois. »

Le sol est jonché de morceaux de verre. En l’air, ce sont autant de guillotines en suspend.

Le sol est jonché de morceaux de verre. En l’air, ce sont autant de guillotines en suspend.

Caroline Ansart

« Hier, j’aurais eu les moyens, j’aurais tout arrêté », avoue Aurore Sournac face à la délégation. Comme tant de ses confrères maraîchers, est fatiguée de se battre pour un métier toujours plus difficile.

« Ça fait au moins plaisir de voir une telle délégation »

Sur son exploitation, Les Jardins de Quentin à Eysines, 7 000 m² de serres en verre ont été transpercées par les grêlons laissant des morceaux par terre, des guillotines en l’air. « En tout, c’est 20 à 25 000 euros de pertes », explique-t-elle.

Sous-préfet de Libourne, Chambre d’agriculture, maire d’Eysines, Département, sénateur, directeur de la DDTM… : la délégation était importante ce mercredi.

Sous-préfet de Libourne, Chambre d’agriculture, maire d’Eysines, Département, sénateur, directeur de la DDTM… : la délégation était importante ce mercredi.

Caroline Ansart

« Les maraîchers, comme les arboriculteurs et les horticulteurs, sommes souvent les oubliés, derrière les viticulteurs. Ça fait au moins plaisir au moral de voir une telle délégation venir chez nous et échanger. »

Assurances, canons, fonds de solidarité

Parmi les sujets sur la table, les assureurs accusés de ne pas jouer le jeu. Le sénateur Hervé Gillé et le sous-préfet de Libourne, Mathieu Doligez, sont notamment venus rappeler qu’un nouveau système doit entrer en vigueur en 2023 en remplacement des déclarations de calamité agricole, décriées depuis toujours par les maraîchers qui remplissent rarement les critères. « Il est temps que ça bouge », disent-ils.

En complément, certains militent pour la création d’un fonds de solidarité régional, basé sur le volontariat.