Pouvoir d’achat : pour cuisiner sans se ruiner, « partir sur des produits simples et sains »

Qu’elle le veuille ou non, c’est en tant qu’influenceuse qui compte dans le petit monde de la gastronomie qu’Audrey Bourdin est aujourd’hui identifiée par la communauté qui la suit fidèlement sur les réseaux sociaux (Instagram, Facebook, Pinterest et Twitter) et surtout sur son blog. Créé en 2005, celui-ci affiche « entre 12 000 et 15 000 lecteurs quotidiens » et plus de « 800 000 pages lues chaque mois », assure la Girondine. Qu’y trouve-t-on ? « Je partage mes recettes du quotidien, mes petites astuces. J’essaie de montrer que ce n’est pas compliqué de cuisiner, qu’avec un peu d’organisation et des bons produits, on peut faire des choses simples et gourmandes ».

Éviter le gaspillage

Audrey Bourdin fait face, comme tout un chacun, à l’augmentation, encore timide mais sans doute loin d’être terminée, des prix des produits alimentaires, dopés par les tensions internationales nées de la guerre en Ukraine. Alors, manger sain et pas cher, est-ce encore possible ? « Oui », tranche cette « passionnée de cuisine » : « En se creusant un peu la tête, en étant curieux, on peut faire des choses sympas. »

Pour alléger sa facture, Audrey Bourdin s’attache d’abord à optimiser sa liste de courses : « Je suis une pro de l’anticipation, s’amuse-t-elle. On ne va pas faire ses courses sans avoir regardé ce qu’on a dans son frigo, son congélateur et ses placards. On a souvent plein de ressources chez soi qu’on n’utilise pas, des choses qui vont se périmer. » Lui arrive-t-il de jeter des produits non utilisés ? « C’est hyper rare », affirme-t-elle.

Pour Audrey Bourdin, c’est une évidence : l’ennemi numéro un du cuisinier économe est le gaspillage. « Si on planifie ses repas de la semaine, à partir de ce qu’on a, on peut toujours broder et imaginer des recettes autour, reprend-elle. Le vendredi, chez nous, on fait souvent une sorte d’apéro dînatoire avec des restes de la semaine. Si j’ai un reste de légumes, il peut aller dans un gratin ou dans une soupe le lendemain. Je réutilise tous les restes. »

Audrey Bourdin se voit davantage comme « créatrice de contenus » que comme « influenceuse ».

Audrey Bourdin se voit davantage comme « créatrice de contenus » que comme « influenceuse ».

O. S.-F.

« Produits sains et simples »

Lorsqu’elle fait ses courses, Audrey Bourdin privilégie « les circuits courts et les marchés » : « Dans notre région, on a la chance d’en avoir partout, avec beaucoup de producteurs qui vendent eux-mêmes leurs produits, sans intermédiaire. Donc forcément, c’est moins cher. »

Le choix des produits est évidemment important : « Il faut partir sur des produits simples et sains, qu’on peut cuisiner facilement, comme le faisaient les anciens. Nos grands-parents ne mangeaient pas de viande ou de poisson chaque jour, ils utilisaient les plus bas morceaux, mijotés longtemps, pour faire des pot-au-feu, des bœufs bourguignons… Ils mangeaient aussi plus de légumes de saison. En végétalisant nos recettes, on peut faire attention à notre budget et c’est bon pour la santé. »

Les légumineuses, par exemple, sont trop souvent oubliées, regrette Audrey : « Ce sont des produits qui ne coûtent rien, comme les lentilles ou les haricots. On peut en faire des plats comme la garbure, un dahl de lentilles indien ou des saucisses lentilles. C’est rapide à faire, pas cher et ça reste sain, sans produits transformés, pas de mauvais gras ni de sucre. » Et pour les accros à la viande ? « Plutôt que de donner à chacun un blanc de poulet de 100 grammes avec des légumes à côté, je fais des petits plats au wok, par exemple. La quantité de viande est réduite parce qu’on rajoute des légumes, des féculents, des herbes, des sauces et qu’on mélange tout. Au final, la quantité du produit qui coûte le plus cher est réduite. »