Pour les investisseurs, les locations saisonnières de type Airbnb perdent de l’intérêt

Le vent tourne pour les investisseurs adeptes d’Airbnb et consorts. Une pluie de nouvelles règles tombe dans les villes prisées par les touristes. Objectif des pouvoirs publics : limiter le nombre de meublés touristiques et renforcer l’offre de logements locatifs pour les habitants.

Ainsi, à Marseille, depuis le 16 février 2022, tous les biens loués sur les plates-formes doivent disposer d’un numéro d’enregistrement obligatoire à récupérer en mairie. Avant elle, Bordeaux, à l’été 2021, soumettait à compensation toute location en meublé de tourisme dans la ville s’il s’agissait d’une résidence secondaire. Le propriétaire doit depuis transformer en logement un local, de taille et de qualité équivalente, au bien qu’il loue. En septembre 2021, Montpellier va plus loin. Les locations de résidences secondaires sont limitées à un bien par foyer fiscal pour une période de six ans.

Mais, parmi les villes à avoir le plus durci le ton, Saint-Malo remporte la palme. Depuis cet été, la commune bretonne instaure un quota maximal de logements autorisés à la location. Pour ceux qui sont situés intra-muros, seulement 12,5 % des biens pourront être loués en meublés touristiques. Une liste d’attente est élaborée par ordre chronologique de réception des demandes pour les autres logements.

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Une mesure d’urgence pour la ville, tant la situation s’est détériorée ces dernières années. Avec près de 636 nuitées réservées pour 100 habitants, Saint-Malo est devenue, en 2019, la championne de France des locations de courte durée d’après les données de quatre plates-formes (Airbnb, VRBO, Expedia, Booking).

Une rentabilité en baisse

Au total, près d’une centaine de villes en France suivent cette pente réglementaire. Une régulation parfois saluée par les acteurs du tourisme. « A Nice, le mécanisme de compensation est intelligent, estime Dominique Debuire, président de l’Union nationale pour la promotion et le développement de la location de vacances (UNPLV), il vise à mettre en location à des étudiants durant l’année scolaire le bien pour profiter d’un changement d’usage durant les mois d’été afin de faire de la location saisonnière. »

Ce durcissement de la réglementation a des conséquences pour les investisseurs : les rentabilités locatives à plus de 10 % dans ces villes jadis attractives pour eux semblent appartenir au passé. « Je recommande la plus grande vigilance avant d’investir, surtout si l’objectif est d’obtenir un complément de revenus. Les acquéreurs doivent prendre en compte le cadre réglementaire, le montant de l’achat, les charges, l’entretien du bien, la fiscalité locale, la mise en avant du bien sur les plates-formes, les services de conciergerie… tous ces frais mis bout à bout pénalisent la rentabilité du placement, surtout si l’investisseur doit rembourser dans le même temps un crédit », ajoute-t-il.

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