Pau : il y a 120 ans, la mise en service de trois nouvelles lignes de tramway

Le tramway intra-muros

Dans un premier temps, le service urbain d’omnibus hippomobiles sans rails est créé. Les déplacements en commun se font à la force des chevaux. Afin de gérer ces moyens de transport, la Société Béarnaise des Tramways Urbains (S.B.T.U.) voit le jour en 1896. Elle est en charge de gérer la circulation et le stationnement de ces omnibus. Mais après de bons et loyaux services, le transport à traction animale a atteint ses limites.

Il est donc décidé de passer à l’électrique. Pour se faire, la S.B.T.U. et le maire, Henri Faisans, signent une convention en décembre 1898 et s’entendent sur la construction de trois lignes constituant ce nouveau réseau de sept kilomètres. La ligne 1 ira du boulevard Guillemin à la Croix-du-Prince, la ligne 2 de la route de Bordeaux à La Nouvelle-Halle, et la ligne 3 de la gare du Midi à la Nouvelle Halle. Tous les trams passeront par cette dernière, place Clémenceau.

Le tramway à Pau, rue de la Nouvelle Halle, avant 1904.

Le tramway à Pau, rue de la Nouvelle Halle, avant 1904.

Wikimedia Commons/Claude Villetaneuse/Collection personnelle

Afin d’alimenter ce réseau électrique, une « station centrale » (l’usine des tramways) est érigée à côté de la gare et est opérationnelle en 1900. Le tramway peut commencer à fonctionner et l’ouverture à l’exploitation des trois lignes se fait le 1er mars 1901.

Carte postale du tramway dans la montée de la gare à Pau.

Carte postale du tramway dans la montée de la gare à Pau.

Wikimedia Commons/Collection personnelle

1902 : le tramway vers le Pays palois

Le tramway de Pau est également créé pour compléter les lignes existantes des tramways départementaux. L’interconnexion entre les cités est alors au cœur du développement du réseau de transport. C’est dans ce but que les trois lignes paloises sont pensées pour rejoindre les grands axes de sortie de la ville.

Le tramway sur le pont de Jurançon et le Château en arrière-plan, avant septembre 1914.

Le tramway sur le pont de Jurançon et le Château en arrière-plan, avant septembre 1914.

Wikimedia Commons/Claude Villetaneuse/Collection personnelle

L’extension de ces lignes est confiée la Compagnie du chemin de fer de Pau-Oloron-Mauléon (POM) qui obtient la concession d’exploitation d’un réseau de tramways à vapeur pour relier Pau à différentes villes. La mise en œuvre de ces nouvelles lignes est destinée au transport de voyageurs et de marchandises vers l’arrière-pays palois.

Un tramway à vapeur arrive à la gare des tramways de Soumoulou, avant 1914.

Un tramway à vapeur arrive à la gare des tramways de Soumoulou, avant 1914.

Wikimedia Commons/Claude Villetaneuse/Collection personnelle

Ainsi, trois destinations sont créées au départ de Pau depuis la place de la République. La ligne Pau – Saint-Laurent-Bretagne – Lembeye longue de 37,8 km, la ligne Pau – Pontacq couvrant 27 km et la ligne Pau – Monein parcourant 25 km.

Les trois lignes sont mises en service en 1902 et circuleront presque trente ans.

Sur le même sujet


Quand le tramway POM reliait Oloron et Mauléon

Quand le tramway POM reliait Oloron et Mauléon

En 1931, c’est la fin de l’aventure pour le tramway de Pau à Mauléon. Le chemin de fer laisse alors derrière lui une histoire caractéristique des transports du début du XXe siècle

La fin du tramway

Dans les années 1920, les automobiles sont de plus en nombreuses à Pau. Les autobus font également leur apparition. Ces derniers, jugés plus modernes et plus rapides, vont petit à petit supplanter le tramway.

La ville décide donc d’interrompre l’aventure du tramway en déclassant le réseau en 1927, condamnant à la disparition progressive de ce moyen de déplacement.

Carte postale du tramway rue Bordenave d’Abère, dans la montée vers le château de Pau.

Carte postale du tramway rue Bordenave d’Abère, dans la montée vers le château de Pau.

Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques