Pâques : le chocolat est-il plus fort que les crises ?

Les « poissons polissons », thème majeur de Pâques 2022 version Cadiot-Badie, ne devraient pas avoir de problème à trouver des « pêcheurs ».

Les « poissons polissons », thème majeur de Pâques 2022 version Cadiot-Badie, ne devraient pas avoir de problème à trouver des « pêcheurs ».

P. R. / « Sud Ouest »

Une histoire qu’il entretient tout en œuvrant à maintenir éveillée une maison qui s’était un peu endormie. « C’était une pépite qui sommeillait un peu. Après cette acquisition dont je rêvais depuis longtemps, je me suis très vite senti investi d’une mission de pérennité d’une histoire, et d’une qualité, aussi. Il fallait faire évoluer la maison, mais pas dénaturer. Moderniser sans rien casser, bref, rafraîchir surtout », explique-t-il.

Pâques, deuxième temps fort

Rafraîchie, elle l’est, la Maison Cadiot-Badie, car l’autodidacte a beaucoup appris du maître chocolatier Yvon Landry qui a accompagné ses premiers pas dans le métier. « Je suis capable d’écrire quelques nouvelles partitions, des recettes revisitées que sept maîtres chocolatiers et quatre aides chocolatiers exécutent brillamment », assure Serge Michaud.

« Pâques est, après les fêtes de Nöel et de fin d’année, le moment où il ne faut pas se rater »

Sous son impulsion, « l’orchestre » a grossi. Aujourd’hui, Cadiot-Badie est une adresse historique des allées de Tourny, mais c’est aussi un laboratoire de 500 mètres carrés à Pessac (33), doté d’une boutique, et une adresse à Gradignan (33). La marque bordelaise mobilise 24 personnes quotidiennement. Une équipe qui réalise un chiffre d’affaires annuel de 2,4 millions d’euros environ. Ce chiffre d’affaires, la Maison Cadiot-Badie, comme tous les chocolatiers, qu’ils soient des artisans ou des industriels, le réalise à hauteur de 15 à 18 % sur les quelques jours qui précèdent Pâques.

Un boom à chaque crise ?

« C’est, après les fêtes de Nöel et de fin d’année, pour lesquelles nous mobilisons 50 personnes dans le labo et les boutiques, le moment où il ne faut pas se rater avant un été toujours plus calme », glisse-t-il. Mais cette année, lui et son équipe, 40 personnes en cette période, ne semblent pas angoissés. « D’abord, il faut savoir que nous avons su faire l’impasse sur une fête de Pâques pendant la crise sanitaire… Cette année, nous avons pu travailler, et puis, l’histoire montre que, lors des périodes de tensions géopolitiques et d’incertitudes économiques ou politiques, le chocolat se vend toujours très bien. L’année de la crise financière de 2008-2009, par exemple, constitue un record pour notre activité », assure le dirigeant, qui rêve que sa collection de « poissons polissons » satisfasse autant de gourmands que cette année-là.