Orage de grêle en Gironde : à la pépinière Malot, 40 000 m² de serres détruites, des millions d’euros de dégâts

Sur place, chez ce grossiste nationalement connu et reconnu, il découvre un océan de bris de verre. Les 40 000 m² de serre ont été détruits, ainsi que les 200 000 cyclamens qu’elles abritaient. « Il a compris notre désarroi et va tenter de nous aider », apprécie Franck Malot, à la tête de cette entreprise familiale avec sa sœur et son beau-frère.

200 000 plants de cyclamens étaient en culture au moment de l’orage.

200 000 plants de cyclamens étaient en culture au moment de l’orage.

Linda Douifi

« On a fait notre deuil »

Le soir de l’orage, Franck Malot est allé fermer les tunnels de certaines serres. « Je me suis retrouvé pris au piège. Je m’attendais à une violente averse mais pas à ça. Ce genre d’orage, on en voit une à deux fois dans sa vie. » Alors que les grêlons commençaient à transpercer ses installations, le pépiniériste a trouvé refuge sous une machine à décompacter le terreau. « J’ai vécu l’averse en direct. Ça a duré au maximum trois minutes. Un mur de grêle s’est formé et, en quelques secondes, toutes les vitres ont explosé. »

« Là, on est assis en bas de l’Everest et on se demande si on la force de se lever. Même s’il va bien le falloir… »

Une fois le choc passé, place à la sidération. Des mois de travail réduits à néant. Les cultures devaient être mises à la vente entre le 15 août et le 15 février. « On a fait notre deuil. Dans le meilleur des cas, il faudra de six mois à un an pour s’en remettre. On ne reprendra pas avant l’an prochain. » Pour l’instant, les dix salariés (dont Franck, sa sœur et son beau-frère) sont au chômage technique. « Là, on est assis en bas de l’Everest et on se demande si on la force de se lever. Même s’il va bien le falloir… »

Plusieurs millions d’euros de dégâts

Son assureur Groupama a déjà su se montrer réactif. « Normalement on est assuré pour le bris de verre et la grêle mais va-t-on nous mettre de la vétusté ? » s’inquiète Franck Malot qui estime les dégâts à environ 7 millions d’euros. « Ça sera peut-être 5, peut-être 12. Je m’appuie sur les expériences de collègues qui ont déjà subi la grêle et qui m’ont dit combien cela leur avait coûté à l’hectare. » Sauf que chez Malot, si les serres dataient des années 1970, le matériel, lui, se voulait moderne. À l’image des tablettes subirriguantes, qui permettent d’arroser les plants par en dessous et de limiter l’usage des produits phyto et engrais. Une technicité qui coûte, sans oublier les 100 000 à 150 000 euros d’investissement réalisés chaque année.

En attendant, il peut compter sur le soutien de la profession. Il reçoit ainsi des coups de téléphone d’un peu partout. Des pépiniéristes amis vont également venir lui donner un coup de main lundi. Chez les pépiniéristes, on cultive aussi la solidarité.

Une entreprise de Nantes doit passer lundi afin de faire tomber les derniers morceaux de verre.

Une entreprise de Nantes doit passer lundi afin de faire tomber les derniers morceaux de verre.

Linda Douifi