Nouveau quartier Brazza à Bordeaux : l’entrepreneur Denis Merlaut fait de la résistance

Un peu plus au sud, une douzaine d’hectares et une vingtaine d’entreprises toujours en activité.

Un peu plus au sud, une douzaine d’hectares et une vingtaine d’entreprises toujours en activité.

Guillaume Bonnaud/ « Sud Ouest »

En face du pont Chaban, un grand terrain. Au fond, les modestes locaux de Descas abritent un des plus gros opérateurs dans le vin et l’immobilier d’entreprises de Gironde. Du négoce pour 30 millions d’euros de chiffre d’affaires, près de 400 000 m² de locaux d’activité dans le département et les limitrophes, une holding comprenant le groupe Bernard-Taillan (une vingtaine de vignobles du Médoc au sauternes jusqu’au Rhône et à la Loire), la maison de négoce Ginestet (100 millions d’euros/an), les magasins Cash vins…

« Je n’abandonne pas mes locataires »

À 83 ans, Denis Merlaut gère tout cela en père de famille et entrepreneur efficace. « Nous sommes arrivés à Brazza en 1999 en provenance du château Descas que nous possédons toujours, rappelle-t-il. Et accueilli une douzaine d’entreprises locataires que je ne veux pas abandonner. » Les promoteurs ont défilé dans son bureau sans succès. Les discussions avec Bordeaux Métropole, maître d’ouvrage du quartier, sont aussi très serrées : « Ils ont d’abord été voir tous mes locataires mais pas moi », déplore celui qui confie avoir divisé en dix lots un bâtiment rue Lajaunie en guise de dissuasion.

Denis Merlaut possède toujours sept hectares clés au débouché du pont Chaban.

Denis Merlaut possède toujours sept hectares clés au débouché du pont Chaban.

Y. D.

Depuis 2017, cela discute sans succès, la seule avancée concernant un triangle au plus près du pont pour y aménager (enfin) une rue. « C’est de l’intérêt public, je suis d’accord », dit M. Merlaut… qui négocie quand même. On en serait à 3,3 millions d’euros. Pour le reste, le discret nabab ne cache pas attendre une expropriation. Cette dernière se profile : lors du conseil métropolitain du 25 mars, une procédure de déclaration d’utilité publique sur les 12 hectares de Brazza mais aussi les six de la rue des Vivants, à l’est du quartier, a été initiée.