Nord-Médoc : les habitants se réjouissent du projet Pure Salmon

Accoudé au comptoir de l’un des bars du centre-ville, Jean-Marie se réjouit d’un tel projet. Dans ses paroles ce matin-là, un chiffre revient sans cesse, celui de 250 emplois, promis à terme par le groupe. « C’est une très bonne chose pour le Médoc et pour l’emploi », insiste le retraité. Affichant un objectif de production de 10 000 tonnes annuelles sur le marché français, l’ambition amuse autant qu’elle impressionne. « Il va y avoir tellement de saumons qu’on va finir par en retrouver dans le caniveau », plaisante le vieil homme.

Depuis le port de Talais, les grues de la zone portuaire du Verdon.

Depuis le port de Talais, les grues de la zone portuaire du Verdon.

B. M.

« Une étape pour le désenclavement »

En accord avec le Grand port maritime de Bordeaux (GPMB), une convention a été signée le 4 avril pour l’implantation de la future ferme usine. Pour Claudine Pertuisota, patronne d’un bar-tabac au Verdon, c’est une véritable aubaine pour la presqu’île. « Ça va nous ramener des clients », se réjouit-elle dans l’arrière-cuisine de son bar. Adjointe à la mairie depuis plus de dix ans, elle est pleine d’espoir. Elle voit, derrière tout ça, une étape pour le désenclavement de la pointe du Médoc. « Si ça peut permettre à nos enfants de rester dans la région, aux classes de nos écoles de ne pas fermer, alors on ne peut que s’en réjouir. »

Un pronostic partagé par une large partie des élus du Médoc. Député de la 5e circonscription de la Gironde, Benoit Simian se montre optimiste : « C’est une bonne nouvelle pour le développement économique de notre presqu’île médocaine… Il faut maintenant poursuivre le désenclavement de notre territoire. » L’élu espère d’autres projets similaires, et pointe du doigt l’efficacité du dispositif « clés en main » mis en place par l’État.

Répondre aux enjeux

Une partie des acteurs du territoire se questionnent. Après avoir fait rêver, la promesse des 250 emplois suscite quelques interrogations. Certains restaurateurs pointent du doigt les difficultés d’embauche liées au manque de main-d’œuvre et estime difficile de trouver autant de personnes sur le territoire. Une préoccupation que Jacques Bidalun, le maire du Verdon garde en tête : « Pour l’instant, nous ne savons pas trop qui va venir y travailler. On espère que ce seront des gens du Médoc, mais il y a des interrogations. » Très favorable au développement d’un projet d’une telle envergure, il a identifié de nombreux enjeux à résoudre.