Nicolas Miguet condamné à 800 000 euros d’amende pour manipulation de cours

Nicolas Miguet, ici en janvier 2014. Nicolas Miguet, ici en janvier 2014.

L’Autorité des marchés financiers (AMF) a annoncé, mardi 8 mars, infliger une amende de 800 000 euros au patron de presse Nicolas Miguet et à sa société Le Quotidien de Paris Edition, pour manipulation de cours et manquements réglementaires. La commission des sanctions du « gendarme » boursier français a jugé que la société de M. Miguet a réalisé une plus-value de 71 905 euros après la publication d’un article qui ne faisait pas mention d’un conflit d’intérêts.

En octobre 2017, le média La Lettre la Bourse, détenu par Le Quotidien de Paris Edition (QPE), a publié sur son site Internet un article sur l’action Mauna Kea Technologies avec la formule « notre conseil : achat fort ». La publication, qualifiée de recommandation par l’AMF, ne mentionnait pas le fait que la société QPE et la holding de M. Miguet, Nicolas Miguet Associés (NMA), détenaient des titres Mauna Kea Tech et avaient donc un intérêt à ce que son cours monte.

Un second article sur Mauna Kea Technologies a été publié quelques jours plus tard par un autre titre du groupe, L’Hebdo Bourse, qualifiant cette société de « pépite », selon les éléments présentés à l’audience de début février.

Entre-temps, la valeur de l’action a pris près de 60 % et les sociétés « étroitement liées à » M. Miguet ont vendu 50 000 actions, sur un total de 125 000 titres détenus.

« Déjà sanctionné pour des manquements similaires »

La commission des sanctions de l’AMF a estimé que QPE a réalisé une plus-value de 71 905 euros lors de l’opération et écope donc d’une amende de 600 000 euros. M. Miguet est, lui, condamné à verser 200 000 euros, mais NMA a été épargné car il n’est « ni producteur, ni diffuseur de la recommandation d’investissement litigieuse », selon la décision du 4 mars de l’AMF, publiée mardi. De son côté, M. Miguet a souligné une « énorme contradiction » puisque « NMA est mis hors de cause sur exactement le même dossier » qui l’accuse lui et QPE.

« Concernant M. Miguet, la Commission a retenu en outre qu’il avait déjà été sanctionné à deux reprises pour des manquements similaires », précise l’AMF dans son communiqué. Il a en effet été condamné à 500 000 euros d’amende en 2010, puis à 600 000 euros en 2014 par l’AMF.

Outre ses activités dans la presse boursière, M. Miguet, président du Rassemblement des contribuables français, est connu pour avoir tenté de se présenter aux trois dernières élections présidentielles et à celle de 2022, sans jamais réussir à obtenir les 500 parrainages. Il a affirmé avoir fait appel de la décision de l’AMF.

Le Monde avec AFP