Mexique : « Opération miracle » pour sauver le marsouin du Pacifique

Argenté, il est facilement reconnaissable aux cercles obscurs qui entourent ses yeux et sa bouche.

Argenté, il est facilement reconnaissable aux cercles obscurs qui entourent ses yeux et sa bouche.

Omar Vidal/WWF/AFP

Le marsouin du Pacifique (Phocoena sinus) est le plus petit cétacé du monde (1,5 mètre, 50 kilos). Argenté, il est facilement reconnaissable aux cercles obscurs qui entourent ses yeux et sa bouche, ce qui lui vaut également le nom de panda de la mer. Il est aussi le plus menacé, à tel point que des environnementalistes redoutaient son extinction dès cette année. Il ne resterait qu’entre six et 19 individus, qui risquent l’étouffement dans les filets des pêcheurs en quête d’une autre espèce très convoitée, le poisson totoaba dont ils seraient en quelque sorte les victimes collatérales. La « vessie-nageoire » du totoaba « se vend jusqu’à 8 000 dollars le kilo en Chine, en raison de ses supposées vertus médicinales et elle est donc l’objet d’une traque destructrice.

Lueur d’espoir

Dès l’aube, des marins et des fonctionnaires vérifient que les pêcheurs disposent d’un permis en règle pour prélever des espèces autorisées, comme la corvina. « Ils nous surveillent tous les jours, affirme un pêcheur, Roberto Lopez. Il faut qu’ils aillent au-delà du ‘‘Malecon’’ (jetée), de là-bas partent beaucoup d’embarcations qui n’ont pas les autorisations. » La marine affirme qu’elle a récupéré 70 filets depuis le début de l’année, contre 172 sur l’ensemble de 2021.

Un officier de la marine mexicaine vérifie les papiers et le matériel d’une embarcation de pêche à un poste de contrôle à San Felipe. Les autorités de pêche, sous protection militaire récupèrent aussi les filets maillants sur les plages en profitant de la marée basse.

Un officier de la marine mexicaine vérifie les papiers et le matériel d’une embarcation de pêche à un poste de contrôle à San Felipe. Les autorités de pêche, sous protection militaire récupèrent aussi les filets maillants sur les plages en profitant de la marée basse.

Guillermo Arias/AFP

Un officier de la marine mexicaine protège les autorités de pêche alors qu’elles récupèrent un filet maillant sur une plage en profitant de la marée basse lors de cette opération de surveillance.

Un officier de la marine mexicaine protège les autorités de pêche alors qu’elles récupèrent un filet maillant sur une plage en profitant de la marée basse lors de cette opération de surveillance.

Guillermo Arias/AFP

L’heure est presque à l’optimisme chez les acteurs de cette « Opération Miracle », lancée en 2015 pour sauver le panda des mers. « Nous voyons une réduction spectaculaire des filets de pêche illégale, constate le directeur exécutif de l’ONG américaine Sea Shepherd, Chuck Lindsey, qui participe à cette action. « Les efforts de ces trois ou quatre derniers mois signifient que la ‘‘vaquita’‘ dispose de chances de survie comme jamais ces dernières décennies. »

Intervention au large.

Intervention au large.

Guillermo Arias AFP

DiCaprio s’engage

La préservation du marsouin du Pacifique est devenue un enjeu diplomatique. En février, les États-Unis ont officiellement demandé au Mexique de lancer des « consultations » au sujet de cette espèce en voie d’extinction. Washington voulait s’assurer que Mexico « remplit ses engagements environnementaux » dans le cadre du traité commercial de libre-échange Mexique-États-Unis-Canada (EUMC). Le Mexique a promis des actions coordonnées pour sauver l’espèce et a donc multiplié depuis le début de l’année des sorties en mer.

Un autre Américain a pris à cœur la cause des « vaquitas », que l’on ne trouve qu’au large des côtes de la mer de Cortès, à quelque 500 km au sud-est de Hollywood : Leonardo DiCaprio. L’acteur du film « Déni cosmique » (Don’t look up) sur le déni du dérèglement climatique a produit un film « Sea of Shadow », sur la lutte contre l’extinction des « vaquitas » et des totoabas,

« Quand les cartels de la drogue mexicains et les trafiquants chinois unissent leur force pour braconner le poisson totoaba, leurs méthodes criminelles menacent de détruire virtuellement toute vie marine dans la région », lit-on dans le « pitch » du film.

En août, l’acteur avait accusé le gouvernement mexicain de vouloir supprimer la zone de protection du marsouin du Pacifique, en réagissant à des publications de presse.