Mérignac : les occupants du circuit auto-moto ont été expulsés avec le concours de la force publique

Dès 9 heures du matin, un huissier et une dizaine de policiers étaient sur place pour procéder à l’expulsion des occupants du circuit situé rue Marcel…

Dès 9 heures du matin, un huissier et une dizaine de policiers étaient sur place pour procéder à l’expulsion des occupants du circuit situé rue Marcel-Issartier. La préfecture avait requis le concours de la force publique. L’opération, qui s’est déroulée dans le calme, faisait suite au jugement du 17 juin dernier. Le tribunal judiciaire de Bordeaux avait statué sur l’expulsion des sociétés Piste SR et Proconsult, considérant qu’elles occupaient et exploitaient le circuit sans droit ni titre, c’est-à-dire sans convention, ni contrat de bail avec la Ville, propriétaire des lieux. A priori, la décision s’appliquait aussi à GTRS, qui avait repris le flambeau dans les mêmes conditions.

Nicolas Badard, patron de GTRS, à la fin de l’opération d’expulsion, en présence de personnes opposées à la fermeture du circuit.

Nicolas Badard, patron de GTRS, à la fin de l’opération d’expulsion, en présence de personnes opposées à la fermeture du circuit.

O. D.

Les fédérations

La voix cassée, Nicolas Badard commente : « M. Anziani et tous les officiels ont réussi à me sortir. J’ai encore quelques affaires à l’intérieur mais les voitures et le matériel de valeur ont été acheminés ailleurs. Officiellement, GTRS n’existe plus sur le circuit. C’est ce que voulait le maire, il a réussi. » Pour autant, le chef d’entreprise n’entend pas clore le chapitre à ce stade. « Aujourd’hui, les fédérations auto-moto doivent se bouger, les ministères aussi. Ce n’est pas GTRS que l’on veut sauver mais le circuit. Cet équipement n’est pas la propriété de M. Anziani. Il appartient à tout le monde, aux passionnés d’automobile », martèle-t-il, en désignant les soutiens autour de lui. Il précise au passage que sa pétition a recueilli 60 000 signatures. Nicolas Badard s’étonne de la rapidité avec laquelle les autorités ont lancé l’expulsion. Il assure que des courriers et des recours seront bientôt activés afin de préserver l’infrastructure.

« J’ai simplement fait ce que je devais faire, à savoir obtenir l’exécution du jugement du 17 juin dernier qui ordonnait l’évacuation, commente de son côté Alain Anziani. Il ne reste plus qu’un véhicule et du mobilier à l’intérieur. Ils sont à la disposition de M. Badard quand il voudra bien venir les chercher. » Le maire de Mérignac rappelle que la collectivité était dans son droit de récupérer son bien utilisé par « un squatteur ». « Le jugement de 2021 n’a pas été contesté. Il était définitif. »

Des loyers payés ?

Nicolas Badard affirme pourtant avoir versé des loyers, ce que le maire réfute. « Pour qu’il y ait un loyer, il faut un bail. Or il n’y en a jamais eu avec GTRS. Ces paiements, dont le montant ne correspond à rien, ont été faits auprès de la Trésorerie. La Ville ne les a jamais encaissés », certifie l’élu. Il ajoute que la fermeture du circuit ne remet pas en cause le maintien des activités du Centre de formation moto (CFM) et de Kart system, des structures voisines.

Plusieurs fidèles du circuit auto-moto sont venus apporter leur soutien à Nicolas Badard au fil de la journée. À l’image de Charles Aubrie, pilote de Moto 2 en championnat d’Europe. « Cela fait sept ans que je m’entraîne ici. J’ai commencé et progressé à Mérignac. Voir les grilles fermées me fait mal au cœur. On nous a déjà supprimé beaucoup de circuits en France. Rouler devient vraiment un casse-tête. C’est dommage car cette piste commençait à être propre, bien entretenue depuis deux ans. » Philippe Gabarrou, responsable de la radio du sport automobile en Aquitaine, insiste sur le fait que le site de Mérignac n’était pas vraiment dédié à la compétition. « Par contre, il était prisé par tous ceux qui voulaient essayer leur voiture, faire du déverminage. S’ils ne peuvent plus rouler ici en toute sécurité, je crains fort qu’ils aillent le faire ailleurs, sur la route, de manière plus sauvage. »