Mérignac : le tiers-lieu L’Atelier ferme ses portes, Pic’Verre arrête définitivement son activité

« Mon activité consistait à faire de la collecte à domicile de bouteilles et pots en verre auprès des particuliers et des professionnels, et de favoriser ensuite leur réemploi : une solution moins énergivore que le recyclage systématique. J’étais aussi dans une démarche de mobilité douce puisque les collectes se faisaient à vélo, avec des sacs spécifiques. »

L’économie sociale et solidaire

Cyril Martin n’a pu aller au bout de son projet. La faute, entre autres, à la pandémie. « La crise sanitaire est vite arrivée. Elle nous a entravés dans notre capacité à trouver des lieux de collecte, à faire de la massification d’emballages en verre. Le Covid n’a pas permis d’asseoir notre modèle économique. » Il poursuit : « Le secteur de l’hôtellerie-restauration, qui était une de nos cibles, a été particulièrement touché. Plus généralement, les gens ont d’autres préoccupations en tête en ce moment. Ils pensent moins à l’écologie qu’à la fin du mois, la hausse des prix et la reprise des cas de contamination. Ça se sent, tout le monde est sur la réserve. La conjoncture n’est pas en phase avec notre prestation de service. C’est la dure loi de l’entrepreneuriat. »

Au-delà du contexte, Cyril Martin aurait souhaité un soutien plus ferme de certaines instances publiques. « Je ne veux pas cracher dans la soupe. Nous avons eu quelques aides mais elles n’ont pas suffi. » Vivre des années sans se verser un salaire a ses limites. Âgé de 41 ans, Cyril Martin achève ses dernières tournées. Mardi 5 avril, sa structure relevant de l’économie sociale et solidaire sera officiellement liquidée. Comme rebondir professionnellement ? Il ne le sait pas encore.

Thibault Labarre, responsable de la recyclerie sportive, dans les locaux vidés du tiers-lieu.

Thibault Labarre, responsable de la recyclerie sportive, dans les locaux vidés du tiers-lieu.

O. D.

Promenade Sainte-Catherine

Pénalisée à un degré moindre, la recyclerie sportive rejoint pour sa part un nouveau tiers-lieu, quai de Brazza, à Bordeaux. Du moins pour la partie logistique. « On va y stocker le produit de collectes. Par contre, la vente sur place sera impossible. Le bâtiment n’est pas un ERP (établissement recevant du public). Nous n’avons pas trouvé de boutique équivalente à celle de Mérignac », admet le responsable Thibault Labarre.