Mérignac : 500 tonnes d’acier ont survolé un tronçon de rocade fermé à la circulation

Samedi 2 avril, 22 heures, une quarantaine de personnes sont mobilisées pour mener à bien l’opération de lançage d’une charpente métallique : un mastodonte…

Samedi 2 avril, 22 heures, une quarantaine de personnes sont mobilisées pour mener à bien l’opération de lançage d’une charpente métallique : un mastodonte de 500 tonnes d’acier. D’envergure, la structure se compose de dix poutres de 100 mètres de longueur. Chacune d’entre elles est formée de quatre tronçons de 25 mètres soudés les uns aux autres. « Elles ont été fabriquées à Lauterbourg, en Alsace, puis acheminées jusqu’ici par convois exceptionnels, entre janvier et février. Elles ont été soudées et assemblées sur la rampe d’accès intra-rocade du chantier », détaille Aurélie Hervé. Elle est Cheffe de projet pour le compte du maître d’ouvrage Bordeaux Métropole.

Déviations

L’opération se déroule le long de l’avenue John F. Kennedy, au-dessus de la rocade, entre les bretelles de sortie 10 et 11. Compte tenu du risque, une interruption progressive de circulation a été obtenue auprès de la Direction interdépartementale des routes Atlantique (Dira) entre ces deux échangeurs. La fermeture concerne d’abord le sens intérieur, puis les voies dans les deux sens à partir de 23 h 30. Avec des déviations mises en place par la société GTM.

Une quarantaine de personnes ont été mobilisées pour accomplir l’opération de lançage.

Une quarantaine de personnes ont été mobilisées pour accomplir l’opération de lançage.

Jean Maurice Chacun/ « Sud Ouest »

Contrairement aux précédents ouvrages d’art du tramway, la pose du tablier métallique ne se fait pas par grutage mais par lançage. « Réaliser une telle opération avec autant de poutres (reconstituées soudées) en même temps est assez atypique », reconnaît Aurélie Hervé. Eiffage métal est à la manœuvre.

La charpente se déplace par glissement grâce à un système de treuils et de mouflage. « Comme dans la marine, un jeu de poulies permet de démultiplier les efforts », résume Landry Jouval. Des plaques de Teflon sur les appuis provisoires et des chaises à galets (roues métalliques) sur les appuis définitifs (culées et piles du pont) assurent l’avancée lente de l’ouvrage. « Le lançage se fait à une vitesse moyenne de 8 mètres à l’heure, soit 2,2 millimètres par seconde », calcule Landry Jouval, concepteur de l’ouvrage.

Accostage dimanche à 6 heures

Dès vendredi 1er avril, la structure métallique équipée d’un avant-bec avait été poussée sur une vingtaine de mètres depuis le remblai de la rampe d’accès. Histoire de gagner du temps et de tester le matériel. En effet, une panne de treuil avait conduit, fin mars, au report de cette phase.

Dans la nuit du 2 au 3 avril, les 500 tonnes d’acier se sont promenées à la vitesse d’un escargot, enjambant le vide de la rocade dans le sens intérieur/extérieur. Le tout avec des phases d’arrêt pour bien réajuster la trajectoire. L’absence de vent s’est avérée déterminante.

Dimanche, l’avant-bec a accosté à 6 heures sur la pile du pont en extra-rocade, avec un peu de retard. Les équipes de chantier avaient anticipé le coup en obtenant de la Dira une rallonge de coupure du tronçon de rocade concerné. À 7 h 45, la situation rentrait dans l’ordre. L’axe routier rouvrait dans les deux sens de circulation.

Pour autant, les travaux ne sont pas terminés. L’avant-bec de la charpente doit être démonté pour éviter tout risque électrique lié à la présence d’une ligne à haute tension à proximité. Après quoi, le tablier métallique continuera d’aller de l’avant afin d’atteindre le bon centrage au milieu de la rocade. L’étape suivante consistera à « dévériner » la charpente. Placée à 6 mètres de hauteur pour des raisons de sécurité, la plateforme sera abaissée pour revenir au gabarit réglementaire (juste au-dessus de 4,85 mètres). Patience, la descente des vérins prendra deux semaines.