Marmande : volets manquants et moisissures, rien ne va plus pour les résidents des HLM en travaux

Autant à l’intérieur qu’à l’extérieur des immeubles, le chantier est partout.

Autant à l’intérieur qu’à l’extérieur des immeubles, le chantier est partout.

C. G.

Depuis l’été 2021, les résidents vivent avec ces travaux qui, à terme, changeront la face et l’intérieur de ces immeubles des années 60, mais la cohabitation pèse sur leur quotidien. « Depuis que les escaliers ont été démolis, on entre par la cave, mais les interrupteurs sont difficilement accessibles, surtout la nuit tombée, et parfois les lumières ne fonctionnent même pas », s’exaspère Maïté Le Fers. La retraitée, elle aussi, n’a plus de volets aux fenêtres. « Je suis au rez-de-chaussée, ça m’inquiète. »

Ventilation en carafe

Dans la première phase de cette mue qui durera trois ans, 128 cuisines et salles de bains sont peu à peu modernisées, du sol au plafond, changement de la faïence et installation d’un nouveau système d’aération compris. Cette VMC flambant neuve est la cause des problèmes d’Iliasse Kamal et de sa famille. « Elle ne fonctionne pas », constate l’adolescent. Or, la fenêtre qui permettait de ventiler la pièce a été supprimée avec pour résultat le développement de larges taches de moisissures sur les plafonds fraîchement repeints.

Plusieurs habitants voient les problèmes d’humidité, souvent antérieurs aux travaux, s’aggraver.

Plusieurs habitants voient les problèmes d’humidité, souvent antérieurs aux travaux, s’aggraver.

C. G.

On a dû changer la tapisserie et il faut constamment nettoyer les murs, même dans les chambres

« C’était déjà un problème avant les travaux, mais là ça s’est développé très vite ailleurs. On a dû changer la tapisserie et il faut constamment nettoyer les murs même dans les chambres. » Dans la sienne, le lycéen pointe un autre souci au niveau, là encore, des volets : « Je ne sais pas si c’est un problème de pose ou de dimension, mais le jour passe, on ne peut jamais être dans le noir. »

Chaudière à la traîne

Des voisins ouvrent leurs portes pour montrer, eux aussi, des traces d’humidité, mais en plus des fils électriques à nus, attendant leur prise, des traces de chalumeau sur le linoléum et des finitions qui laissent à désirer. Pour le fils de Mme Arfaoui, une locataire nonagénaire du bâtiment X1, c’est le chauffage collectif – qui a fait défaut pendant plusieurs semaines en hiver alors qu’il était raccordé à une chaudière à géothermie – qui l’ulcère. « Dorénavant, l’eau met énormément de temps à chauffer, on doit faire couler plusieurs litres d’eau et parfois, elle redevient froide tout à coup. » Des pertes substantielles qui, il le craint, alourdissent des factures déjà plombées par la flambée du coût de l’énergie.

On essaie de faire remonter tous ces problèmes à Habitalys, mais sans retour

Dans sa cuisine, cela fait plusieurs jours qu’une habitante ne peut plus utiliser les prises électriques.

Dans sa cuisine, cela fait plusieurs jours qu’une habitante ne peut plus utiliser les prises électriques.

C. G.

« On essaie de faire remonter tous ces problèmes à Habitalys, mais sans retour », regrette Selma Fares. Comme d’autres résidents, après avoir fait appel aux salariés du bailleur, elle s’est tournée vers l’Amicale des résidents qui a organisé plusieurs réunions et lancé une pétition qui a recueilli environ 130 signatures, appuyée par l’association de locataires CNL qui siège au conseil d’administration.

« On propose que des représentants des habitants participent aux réunions de chantier », explique un des membres de l’Amicale, Michel Céruti, également président d’Envie +, qui s’occupe de l’entretien des espaces verts des HLM.

Des problématiques d’organisation liées à une conjoncture difficile, de la pénurie et de l’inflation des matériaux

Réunion avec Habitalys

« À chacun son métier », considère Bruno Guinandie. Le directeur concède des aléas inhérents à des travaux en sites habités, mais trouve les habitants et l’intervention de l’Amicale ainsi que de la CNL « assez injustes ». « Nous sommes allés voir les habitants un par un pour les tenir informés de l’avancée des travaux, nous avons mis en place des référents qui sont des interlocuteurs dédiés, mais ils ne peuvent pas répondre à l’échelle de 320 logements [et plus de 900 habitants, NDLR] », argumente le responsable.