Lot-et-Garonne : une scierie et 20 emplois menacés par une décision administrative à Damazan

La scierie est implantée sur deux sites sur la route des landes à Damazan.

La scierie est implantée sur deux sites sur la route des landes à Damazan.

Georges Longueville

Toute cette économie pourrait donc être balayée d’un simple revers à la suite d’un courrier que Didier Lamarque a reçu du préfet cette semaine. Un courrier qui impose une fermeture administrative de six mois à l’entreprise à partir de lundi 20 juin. L’injonction met en péril l’avenir de la scierie et de ses 20 salariés.

Techniquement impossible

Une plainte en 2021, au pénal et devant les services de l’État, est à l’origine de cette situation dont les conséquences pourraient être dramatiques pour le tissu économique local. Celle d’une riveraine du quartier pour cause de nuisances sonores. « On ne se relèvera pas d’une interdiction de travailler de six mois. D’autant plus dans le contexte actuel. Je mettrais tous mes clients dans la difficulté si je ne les livrais pas en palettes et je les perdrais. Ce serait donc le dépôt de bilan au bout et le licenciement de tous mes salariés avec tout ce que cela représente pour eux et leur famille », explique Didier Lamarque.

L’entreprise n’est pas en règle sur la question de l’émergence, c’est-à-dire le delta entre les relevés sonores effectués quand l’usine tourne et inversement. « Nous sommes une entreprise soumise à autorisation. Elle n’est pas en règle par rapport à l’arrêté préfectoral et ce sera difficile pour nous d’arriver à atteindre ce que nous demande la réglementation. Même dans six mois. Techniquement, c’est impossible d’insonoriser notre quinzaine de machines. »

Mairie solidaire

Le chef d’entreprise est donc face à un double choix. Soit il respecte la décision préfectorale et l’entreprise disparaît. Soit il l’enjambe et s’expose. Lors d’une réunion avec ses salariés ce vendredi 17 juin, ceux-ci ont indiqué qu’ils seraient présents à leurs postes de travail lundi prochain. « Nous sommes prêts à nous battre pour nous sauver. J’ai écrit à M. le préfet pour lui indiquer que d’ici à la fin du mois de juin, nous allons construire un mur de séparation. Et au mois d’août, nous procéderons au déplacement de machines. Je lui ai de ce fait demandé de nous laisser poursuivre notre activité », rapporte Didier Lamarque.

« Je mettrais tous mes clients dans la difficulté si je ne les livrais pas en palettes et je les perdrais. Ce serait donc le dépôt de bilan au bout et le licenciement de tous mes salariés avec tout ce que cela peut représenter pour eux et leur famille »